11.04.2008

Lignes de front en pratique

Mettons-nous bien d'accord, nous ne sommes pas dans la littérature, mais dans la pratique !
Nous ne sommes pas là pour verboter dans la mare des mots, mais pour agir,
pour entrer les yeux ouverts dans ce qui vient.

Chaque jour, entre les obligations quotidiennes d'une entreprise française, le suivi et le développement de la filière de fonio en Afrique (30 salariés), une centaine de paysans producteurs, les recherches de financement, les aléas de l'administration...la vie quotidienne, les questions d'argent, les attentes affectives, nos merveilleux enfants de famille recomposée...il faut faire front !

Faire front pour que toutes ces activités quotidiennes soient converties en énergie de conscience, en croissance, en évolution. Que ces activités, ces petites réussites, ces blocages, ces résistances, ces épreuves soient offerts avec dévotion à la Conscience qui grandit en nous, pulse dans nos corps et se déploie sous nos yeux.

Pour que les ferments de conscience de ces activités humbles et laborieuses traversent le treillis illusoire, et relie nos êtres ingénus et radieux à la cosmogénèse évolutive.

Ou en sommes-nous dans nos pratiques ?

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Le premier front engagé est comportemental.
C'est notre attitude quotidienne au jour le jour qui est le marqueur de notre ligne de front. De notre alignement intérieur. C'est sur cet indicateur que se mesure non seulement les intentions et les bonnes volontés, mais également l'intégration en profondeur de notre pratique. Pas de supercherie possible dans la vie quotidienne !

Le constat est simple : la mesure est dans la constance de notre attitude.

Cet équilibre intérieur est le fruit d'un travail en profondeur sur le passé personnel, l'histoire de vie, les blocages relationnels au quotidien, la réconciliation intérieure avec l'enfant, les parents, les blessures, les relations aux autres...C'est le travail de toutes ces petites remises en causes minuscules : travers comportementaux, irritabilité, réactivité, projection, colères, auto-justification, infantilisme, irresponsabilité...

Pas dans une optique de jugement, de censure ou d'auto-censure, mais de retrouvailles et de guérisons profondes avec les parties de nous-mêmes blessées, humiliées, non reconnues. Avec nos vulnérabilités, nos fragilités, nos incertitudes.

Il s'agit d'amour de soi, tout simplement.

Dès lors que l'on se met véritablement en cause, en ne se contentant pas des remèdes miracles que certains veulent nous proposer ou nous vendre, l'avance se fait. C'est une avancée lente, caravanière, parfois douloureuse. Et parfois un bon psychiatre est plus utile que n'importe quel thérapeute holistique ou channeleurs de bonnes nouvelles !

C'est humble et extraordinaire : car chaque petite conquête de conscience est un pas de plus pour le monde entier !

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Le corps conscient

Notre corps - notre champs corporel et énergétique - est aussi à faire bouger sur ses lignes.
Si un des premiers pas est dans l'alimentation et la désintoxication, il est aussi dans l'attitude lors la préparation des aliments et des repas.
Depuis quelques temps nous pratiquons des exercices intensifs dans une salle de sport !
C'est amusant de se retrouver au milieu d'une faune fitness et musculation ! Mais ça va vite, et j'ai rarement vu des gens aussi motivés ! Leur motivation à mouliner du mollet, à ramer dans le vide, à faire gonfler les biceps est spectaculaire et contagieuse.
Le seul hic est la musique stupide et saccadée qui nous est déversée pendant les exercices. Nous y avons pallié avec des baladeurs bourrés de mantras !
Nous ne sommes pas adeptes du fitness, mais c'est bien pratique pour un décrassage radical !
Nous y associons progressivement des pratiques énergétiques combinant des exercices de hatha-yoga, d'énergétique taoiste, et de mouvements spontanés accordés avec des mantras.
S'y ajoutent des massages énergétiques avec récitation du mantra de Mère.
Et des marches conscientes en relation avec les intelligences naturelles (plantes, arbres, sources, paysages...).


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Les jours qui passent : les grandes lignes de notre chantier Agenda de Vie.

Vivre comme ça, à l'impulsion, au ressenti, en se basant sur sa loi intérieure, mon oeil !
Nous avons donné à ce genre de chimères !

Je me souviens d'une conversation avec un ami anarchiste spirituel de tendance bouddhiste. Milarepa n'avait pas besoin de Maitres ni de loi me disait-il et les maitres taoistes étaient libres de toutes les constructions religieuses et monastiques. Il m'expliquait, tout en remplissant le cendrier de mégots, croire dans la justesse de son ressenti, être à l'écoute de son intuition et de sa spontaneité intérieure. Ces adeptes du chaos transcendantal, ces dilettantes spiritualistes deviennent souvent aigris et désœuvrés avec le temps, en prise avec leurs émotions et leurs projections qu'ils n'ont pas pris en main.

Comment faire ? Nous ne nous reconnaissons ni bouddhistes, ni hindouistes, ni chrétiens, ni musulmans, ni paiens, ni rien du tout. Nous sommes des enfants de la Matrice évolutive. Nnous sentons ses spires vivantes s'enrouler et croitre dans nos profondeurs, dans notre réalité corpusculaire et cellulaire, aussi bien qu'elle nous apparait de plus en plus intelligible dans la réalité qui nous entoure.

Car nous ne vivons pas dans un ashram ! Nous sommes au coeur du malstroem, de la turbulence qui compresse nos temporalités dans l'urgence et la nécessité.

Pour ne pas rester en friche, nous avons créé un cadre pour faire en sorte que chaque jour de la semaine s'enroule dans le pignon correspondant de la semaine suivante dans une dynamique de croissance évolutive continue...

C'est ce que nous appelons notre Agenda de Vie, une approche "intégrale" pour faciliter la pratique quotidienne :

- Le lundi, jour d'accord lunaire, lignages, ancêtres, hommages aux défunts, ascendants et parentèles
- Le Mardi, jour martial, résolution des conflits, affronter les crises, les non-dits, se réconcilier
- Mercredi, jour d'Hermès, connaissance, gnose, étude, symboles nourriciers
- Jeudi, justice, bienveillance, aller au devant des autres, pacifier
- le vendredi, arts et amour, poésie...
Vendredi soir, lecture de Savitri, harmonisation, chant du mantra de Mère, cristallisation du projet Savitri
- Samedi, organisation, cohérence de vie, plannification
- Dimanche, célébration solaire

C'est là un petit sommaire. Nous nous attachons à le pratiquer et le vivre. L'élaboration de l'Agenda de Vie est un travail en cours.
Nous pouvons en partager les éléments avec ceux qui le souhaitent.

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24.02.2008

Du jardinier intérieur

J'ai rapidement compris la corrélation extraordinaire
entre l'art de jardiner
et la croissance intérieure.

La quête du Grand sens passe aussi par le bon sens.

Le jardin est un livre de symboles vivants,
riche d'enseignements savoureux et implacables.

C'est aussi un passage vers notre avènement supramental.
Une porte enchantée qui guette depuis longtemps notre devenir.
Depuis les vieilles cueilleuses ancestrales qui nous ont transmis les secrets.

On ne précipite pas un jardin, on l'apprivoise, on le fait advenir
comme le sculpteur fait apparaitre la forme contenue dans la glaise.

On fait corps avec la terre, on l'intériorise avec ses caillasses et ses bosses.
On se moule contre son corps noueux. Mieux, on se l'incorpore.

Ses manques en nutriments essentiels
nous rappellent à nos vrais besoins.
En sels primordiaux et salvifiques.

Son excès d'argile nous prévient des émotions collagènes.
Celles qui nous embourbent dans des mêlées confuses et affamées.
Et nous collent aux pieds. Dans la vase confuse des sentiments accapareurs.

Son manque d'humus nous incite à emboucher la vie d'un baiser fervent.
A nous reconnaitre vivants dans la tignasse du temps.

On ne rejette plus nos déchets émotionnels sur les autres
mais on les intègre dans notre compostière.

Que l'on retourne de temps en temps pour en activer sainement les ferments.

On revient souvent planter la fourche dans le ventre humide
de la pourriture. On sent petit à petit advenir un fumet d'insectes
et de lombrics. Et l'on assiste médusé à l'avènement
d'une terre noiraude et utérine.
On hume sans dégout nos odorantes métamorphoses .

On étale son humus dans le jardin comme une promesse
à tous les ensemencements.
On entend les marées lunaires qui chuchotent dans les racines.
On brame même avec les cervidés qui se cabrent dans les solstices

On étoile à la main des semis.
On aimerait porter chaque graine sur notre dos, comme les fourmis.
On accompagne le semis des mantras salvateurs,
on invoque les grandes déesses fécondes,
nos originelles mères.

Puis on pousse avec les pousses
On accompagne les petits coups de reins des cotylédons.
On comprends que le temps les modèle dans la giration chlorophyllienne.
On comprends que le temps s'épouse lentement,
qu'il est maitre du dénouement et des commencements.
Et qu'il faut rouler avec lui dans ses anneaux opalescents.

On comprends que l'on ne peux pas économiser le temps.
Celui de l'enfance, des parents, des aîeux,
que l'on ne peux pas mépriser nos blessures.
Qu'il faut jardiner notre jardin d'enfance
et panser nos douleurs et nos saignements.
La pousse est lente avant la maturité.
Les orages, les grêles, les sècheresses
nous rappellent à nos terriennes rigueurs.

A suivre

18.02.2008

Quelles pratiques ?

Comment actualiser cette expérience au jour le jour ?
Je ne vois pas d'autres options que celle de la pratique.
Oui mais quelle pratique ?

Voilà une question qui m'a occupé pendant des années !
D'accord, c'est déjà une pratique que de vivre avec cette question si longtemps !
Mais quand même...

Satprem nous a bien expliqué que le feu de l'aspiration est la clé.
Sri Aurobindo nous a transmis le corpus monumental du Yoga intégral.
Et Mère, à la barbe de tous les démons et de tous les sages,
a fait vibrer le mantra dans les cellules de la terre.
Et dans les nôtres.

Oui mais que faisons-nous avec tout cela ?
Quand nous ne vivons pas dans un Ashram ni dans des montagnes ?
Mais que nous nous trouvons démuni,
le cou étroitement enferré dans la mâchoire de la Matrice ?

Dans les embouteillages et la course des engagements et des rendez-vous ?
Dans la salle d'attente du dentiste ?
Dans l'attente de notre test HIV ?

Dans les diners de famille
parmi tous les nôtres qui restent étrangers notre question ?

Que faire quand on vit là, dans le moyeu de la Rugosité ?
Le coeur sensible et grand ouvert comme un oeil de faon ?
Comme un petit rouage vivant dans le gros broyeur du système ?

En voilà un défi !

Mais au fait ce système, ce broyeur, cette matrice...
Il est peut-être bien confortable de les voir comme un grand asile de fous,
Comme une méga-machine militaire et technologique,
hallucinée polluante et malade...

Et si...
Et si elle était en train de changer, subrepticement, l'air de rien...

Si la texture même du Réel changeait, là, sous nos yeux sans que nous nous en rendions compte ?
Obnubilés et conditionnés que nous sommes par les sagesses et les vieilles rigueurs.

Un autre monde pousse au coeur de notre habitude de voir et de sentir.

Un ensoleillement de la Réalité déroule ses spires rayonnantes.

L'Univers nous aspire tous dans une fantastique assomption de la Conscience.
Par tous les spores énergétiques de sa manifestation.
Nous aspire avec nos usines, nos pollutions, nos injustices, nos exploitations
dans une conversion accélérée de tout.

Mais pas pour reproduire encore des élus et des exclus !
Des sauvés et des fabricants de disciples.
Des guides et des égarés. Des anges et des infernaux.
On a suffisamment sacrifié à ce sinistre catalogue.

Nous aspirons à autre chose.
Entre autre, pour revenir au début du propos,
à cet ensoleillement conscient et activée de notre vie.
Une vie qui n'exclue plus. Qui ne damne personne.
Qui se reconnait en tous les autres.
Et voit en toutes choses l'avènement extraordinaire de la conscience en marche.

Alors pour donner assise, force et vie à cette vision dans la pratique et le quotidien,
nous avons humé les nuages de spores portés par les vents rieurs...

et avons décidé - nous ? qui ? -
d'ouvrir bien grandes les voiles de nos corps, de nos esprits, de nos aspirations...

Le corps en résonnance évolutive
En irriguant le cors-énergie du mantra d'évolution.
Et dans ce sens des mouvements spontanés viennent à jour
pour dire l'aube de la nouvelle conscience dans le corps.
Des mouvements à faire éclore au soleil dans une danse d'être et de conscience.

Chaque jour est un pas
Nous travaillons sur un agenda de vie qui enroule dans un même sens de croissance et de conscience la spirale des jours et des activités. Nous en démarrons la pratique active et intensive !

L'alimentation évolutive consciente
Alimentation vivante privilégiée, germée, activée, magnétisée, consciente...

C'est un début, sans oublier la lecture de Savitri...

Le reste est à venir !

Les yeux ouverts

Depuis quelques temps, quelque chose pointe en moi une nouvelle sensibilité.

Je ne parle pas d'esthétique, ni d'émotion.

C'est plûtot comme s'il m'advenait une truffe palpitante et vibratile.

De nouvelles impressions fortes se font jour et je deviens de plus en plus sensible
aux hormones mutagènes qui embaument le compost de notre sainte et ribaude réalité.

Le terreau de la matière, saturé de conscience, semble dégager un nouveau fumet.

A moins qu'il s'agisse de l'effet d'une fermentation.

Des enzymes - peut-on y voir l'oeuvre de mutance cellulaire de certains pionniers ? - ont lentement et subrepticement opéré leur mastication anaérobie.
Oeuvrant à l'ombre dans les soubassements de nos fumantes fondations.

Le Verbe fondamental des choses semble avoir été trituré.
Le treillis des mondes semble s'élargir à de nouvelles intégrations.
Mes rêves pulsent comme des roues cerclées de feu et embrasent mon quotidien de sens et d'urgence.

Poussé par cette énergie et ce feu j'ai décidé de laissé libre cours à mon expérience,
de ne plus en censurer la richesse et l'affirmation.

Une vision s'ouvre comme un coquillage.
Et tout m'interpelle comme des annonces, des pistes, des connivences.

De nouvelles ergonomies temporelles et spatiales se font jour.
Elle naissent à foison dans l'anonymat du réel.

Non pas dans les ashrams mais dans les esprits créatifs de jeunes ingénieurs et scientifiques
qui incurvent le champ du possible. ET l'innerve des fleurs fractales de leurs créations.

Je crois profondément à cet avènement des nouvelles plasticités conscientes qui se créent à travers nous.

Plasticités spatiales et temporelles,
ductilité et conductivité des nouveaux matériaux,
affranchissement des déterminismes physiques et biologiques.

Je vois là une étape majeure vers l'avènement de la plasticité physique supramentale.

Contraction des espaces et accélération du temps.
A-sexuation et homogénîsation des genres.
Sensibilisation croissante de nos environnements minéraux, végétaux, animaux.
Hyper-individualisation et personnalisation de la quête du sens,
Réseaux coopératifs et électifs désintéressés,
Conversions écologiques à grande échelle, au niveau industriel ou massivement comportemental...

Chaque guerre nous devient plus injuste et insupportable,.
Comme si le terrain des guerres avait pris pied dans la sensibilité élargie de nos êtres...

Il ne s'agit pas d'un autre monde qui tomberait comme un vol de colombes sur l'enfer de notre histoire.

C'est bien dans cette forge,
ici et maintenant, que se fait notre assomption de conscience assumée et de liberté conquise.
Et nous en sommes tous les divins matériaux.

13.02.2008

Partir de ce que l'on est...

Ma question d'aujourd'hui a déroulé ses spires
tandis que je roulais en voiture sur les routes du Tarn.
Des routes toutes en rondeur qui nous promènent
entre les champs de tournesol.
Dans des champs à venir car en février les graines dorment encore.

Cette question qui me turlupine concerne nos petites batailles du quotidien,
nos petites et grandes chutes...
Et du courage qu'il faut pour se relever,
s'ébrouer et se relancer dans la mêlée évolutive.

Cette mêlée évolutive est définitivement notre lot. Elle nous colle au pieds.
Elle ne nous laisse que peu de répit. Elle nous empoigne par les tripes.
Elle nous tient dans la teneur du réel, dans la tenaille de sa mâchoire.

Elle nous tient par là ou elle a prise sur nous.
Par la tête, par la gorge, par le ventre, par le sexe, par la maladie,
par l'argent, par la famille, par les angoisses quotidiennes...

Par les queues impatientes à la poste.
Les bouchons interminables.
Les couloirs glauques du métro.
Le stress du compte en banque à provisionner sans délai.
La panne catastrophique.
Le rendez-vous au tribunal.
L'amende surprise et malvenue,
Le loyer en retard,
Le collègue tyrannique.
La compagne qui craque et vous met au pied du mur...
Bref tout ce harcèlement du Réel...

Cette piqure de taon qui se rappelle à nous, d'autant plus cuisante qu'on la repousse et qu'on la fuit.

Son venin a le piment du vivant.
Et l'aiguillon du présent.
Il n'y a pas d'autre issue que de rencontrer ce rustre Minotaure, et de le prendre par les cornes !

Car cette mêlée taurine a quelque chose de salubre.
Ses sabots colériques grattent un sol qui est notre monde.
Ses naseaux fumants soufflent un air de vérité indubitable !

Alors oui j'accueille cette mêlée furibonde, ces obstacles, ces rugosités qui rayent
l'email de mon bien-être !

Cette pression de la mêlée est évolutive.
C'est une bénédiction inconfortable à accueillir comme les nutriments de notre feu.
Un charbon bien terrestre et fumant pour alimenter notre locomotive intérieure.

Pas de repos petit, tant que tu n'as pas converti cette matière !
Tant que ces évènements accrocheurs, ces poils à gratter, ces coriaces harcèlements
ne sont pas compris comme étant le divin carburant.

Tant que cette pression nourricière n'est pas accueillie en prière, en offrande et en gratitude.

Alors oui je vais désormais dans la mêlée du monde, dans la mêlée de mes semblables
et de nos milliards de problèmes.
J'y vais comme un accélérateur de conscience, de particules et de temps.
Toutes ces misères et ces aspérités font tourner mon moulin à prière !
Ces contraintes, ces piqures, ces urgences alimentent le feu de ma conscience embrasée.

Je Te reconnais à présent. Je te veux avec plus de ferveur.

Je comprends que ce coït du Réel nous veut du bien.
Que sa concupiscence à nous coller au plus prêt est une manière d'amour.
Qui nous appelle à faire front, à prendre appui sur sa force pour nous mettre debout.
Et marcher sur ce chemin sans chemin.
Avec tous les hommes, tous les miens.


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Ah ! Ce petit farfadet outrecuidant qui tire l'élastique de notre patience
lorsque nous faisons la queue dans la foule de nos semblables !
Qui éructe parfois, laissant échapper de nos bouches ahuries,
une bonne petite grossièreté grasse comme une mouche bleue !
Qui nous rappelle en somme qu'il faut être humain, bien humain,
et s'aimer comme tel, et s'aimer encore
avant d'aller plus loin.

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Alors petit à petit les choses apparaissent à leur place,
là ou elles devaient être depuis toujours.
Comme une fermière gironde, les bras posés sur les hanches,
bien plantée au milieu de sa basse-cour !
Non mais !

Alors la lumière luit autrement. Tout devient plus tranquille.
Le sol devient ferme au pieds.
Il sent bon l'humus.
Même nos catacombes tout en bas, commencent à laisser apparaitre un peu de verdure.
Alors on peut entendre un vrai son qui coure au loin comme un lapin de garenne.
Comme un vol d'oies brassant la lumière de leurs ailes accordées.
Un mantra vivant et solaire que les champs de tournesol se murmurent de fleurs à fleurs.
Un mantra qui dit : ça vient !

09.02.2008

Relier nos expériences

Depuis la parution de l'annonce dans le magazine Biocontact de ce mois, de nombreux coups de fil et courriers viennent ensoleiller nos journées.

C'est émouvant toutes ces voix, tous ces témoignages, ces joies de se dire et de se rencontrer, presque de se retrouver, autour de nos aspirations et de nos expériences.

Ce projet Savitri est comme un fil d'or qui nous relie à l'Expérience à travers le partage et la rencontre de nos vécus, de nos quêtes - qui ont toutes été marquées, peu ou prou, par celles de Mère, Sri Aurobindo et Satprem. Et par d'autres voies qui sont autant de richesse et de diversité dans la Voie évolutive.

J'aime à penser que l'Expérience évolutive se poursuit à travers nous tous, et en chacun de nous.

Que depuis l'ouverture de la Terre au Supramental et le travail de Mère dans les cellules de notre espèce, la Possibilité s'est infusée comme un levain dans la matière du monde.

Depuis lors le travail se fait naturellement partout, dans un cercle ou la circonférence est universelle et le centre en chacun de nous.

C'est je crois le cadeau extraordinaire qui nous été fait : être tous les acteurs de cet éveil qui bruisse de manière assourdissante autour de nous.

Porter tous ensemble ce pouls naissant qui bat au coeur du malstroem mondial.

Et dans ce monde éprouvant ou tout s'accélère de manière fantastique éprouver la vibration de cette petite note solaire : cela advient, ouvrons nos yeux !

Elle vibre dans la possibilité de vérité et de lumière de chaque seconde.

Elle tend entre nos coeurs l'arc en ciel de sa joie et de sa reconnaissance.

Elle relie en chacun de nous,
par le fil humble de notre quête,
le Ciel à la Terre, et la Terre à son Amour.

03.02.2008

La voie ensoleillée ?

Je conduis la coquille de notre auto qui glisse presque sans bruit sur le ruban des routes de l'Aude. Jayanti et moi mettons toujours à profit ces moments pour échanger et partager ce qui constitue le pouls vivant et intense de notre existence : la question du nouveau monde et de notre ouverture participative à son avènement.

Tandis que se déroule le paysage si particulier de l'arrière pays audois, si riche en relief et en jeux d'ombre, il me vient des inspirations et des sourires intérieurs. Je reconnais ces flux mâtinés de tendresse comme des expressions particulières de l'être psychique. Cette source enchantée qui sait si naturellement dire Oui à l'univers.

Cette inspiration me souffle : et si les choses étaient plus simples qu'il n'y parait ?
Le monde est tout ensemencé et les nouvelles pousses germent partout. Il suffirait de s'étendre sur le corps de la terre pour entendre sourdre la pulsion des nouvelles radicules, la prodigieuse fabrique de nouveaux cotylédons du Réel.

Mais plus encore.
Car nous ne sommes plus dans la Promesse et l'Attente.
Il y a un Agrément dans la nature et dans la matière même du monde.

Un Oui ouvert et palpitant qui déjoue les rictus de cette étrange habitude qui consiste à habiller le Réel de nos vêtements de deuil.

Un Réel folâtre et enchanteur qui ne s'encombre pas de nos limites et nos morales, et qui n'hésite pas sous nos yeux à s'affranchir de nos tabous... spirituels !

Ce n'est pas un Oui sentimental et idéal qui en appellerait à nos vieilles alliances naturelles. Celles-ci tombent en désuétude et nous n'auront plus l'innocence et la beauté immanente des mondes anciens.

La levée qui s'annonce est portée par une Force-Conscience prodigieuse, une Shakti qui ébroue l'échine du monde en ses fondements originels et ultimes.
Et ce sont donc nos regards et nos visions qui seront bouleversés.

Car nos croyances figées dans le mortier du déjà connu ne sont pas l'Avènement.

Celui-ci se fait de toute part de manière inattendue, et souvent là ou l'on ne l'attends pas !

Sous nos yeux et avec notre participation consciente ou non, l'univers tisse de nouvelles matérialités composites intriquées de créativité et d'esprit.
Il bouleverse l'ordre du vivant, auto-décrypte les gènes en infusant nos regards, nos consciences et nos quêtes au coeur de la matrice fondamentale du vivant.
Il fabrique les nouveaux matériaux plus ductiles, plus conducteurs.
Il tisse, presque à notre insu, dans la banalités de nouveaux usages et des nouvelles technologies ludiques, un nouveau tramage d'espace et de temps.
Tandis que s'ouvrent de toute part les feuillets d'or des ultimes encodages, et que notre coupole atmosphérique physique et psychique s'échauffe à dessein, s'organisent presque magiquement les nouvelles capillarités entre les mondes de l'intentionnalité (virtuel), le monde physique et technologique, les pôles neuronaux et spirituels.

La vitesse avec laquelle ce vieux monde bascule dans cette mutance du réel est prodigieuse. Chaque paquet de dépêches de l'actualité nous éclabousse de la vague fraîche de cet Avènement continu et faramineux.

Le monde n'est plus dans les vieilles rengaines des complots et des coupables.
Il n'est plus dans les conspirations qui fermentent dans les moisissures de nos peurs.
Ni dans l'affrontement des purs Robespierre contre les impurs et les collabos.
Il n'est pas dans la rupture entre la nature et la société, l'occident et les autres, entre le capitalisme et les généreux, entre la techno-science et le retour à la nation des peuples du vent.
Ces fractures sont de vieilles histoires remâchées.

La Shakti entraîne tous les éléments dans sa danse pour les guérir au soleil du grand Oui.
Celui qui pulse enfin dans le coeur du monde.

Alors je vois ce sourire à travers le parebrise.
Là présent dans l'air, dans l'étreinte de cet instant que nous partageons sur cette petite route de l'Aude il y a comme le sourire de Mère, et la présence souverainement bienveillante de Sri Aurobindo.

27.01.2008

Nos Holomorphoses

Je sens l'éveil d'une vision holomorphique.
Elle déroule sa lente spire inspirante.
S'enroule dans mon coquillage intérieur.

Elle débouche sur les Hypermondes,
passerelles du physique subtil
dont on voit à l'oeuvre le prodigieux travail d'intégration consciente du Réel.

Les matériaux, la nature, les formes diverses de la manifestation
sont absorbées dans une dynamique intégrative accélérée.

Le naturel, le virtuel, le technologique, le neuronal et le psychique
fomentent leurs noces fractales et inattendues.

Par delà nos visions clivées, nos préjugés sur ce qui est spirituel, naturel, artificiel,
la Shakti créatrice pulse, compose, modèle des formes inédites du vivant et du Réel.

Et construit les nouvelles plasticités là ou nous nous y attendons le moins.

26.01.2008

Cette autre nuit

En fait ma nature est toute engagée pour un Avènement.

Que je n'attends pas passivement, mais pour lequel je m'active avec ardeur, ferveur et passion.
Imagine-t-on l'histoire que nous vivons, là sur notre balcon d'univers ?

La Nouvelle Conscience s'infuse avec une accélération extraordinaire. Tout vibre de cette fabuleuse émergence. Sous nos pieds le dragon transcendantal du Réel s'ébroue et se lève.

Toute ma vie s'illumine de cette ferveur au quotidien !

Et je ne me paye pas de mots. Je travaille dans des pays de misère. Ou la pauvreté, la faim, la corruption sont une réalité massive et quotidienne. Qui prend à la gorge avec violence et férocité.

Mais justement, c'est dans cette matière du réel, dans ses fibres, dans son ventre que la transformation est en cours.
Et son ventre est aussi bien Wall Street que Nouna du Sahel. Ou la prison de votre ville.
Tout est raccordé à présent, le cablage est réalisé. Nous marchons tous, de tous nos pas sous toutes les latitudes, dans la Nouvelle Conscience.

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Une nouvelle nuit mémorable, il y a quelques jours à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Au coeur de la nuit, dans un banal hôtel me voici réveillé.
Non, pas réveillé, mais en éveil, lucide et conscient dans mon sommeil.
Allez comprendre !
Est-ce possible, alors que je suis si peu sujet aux "visions" ?

Voilà qu'autour de moi, dans le voile nocturne de cette nuit silencieuse, j'entends des voix toutes proches.
En fait pas précisément des voix mais des présences légères, lumineuses et des chuchotis.
Mon corps est tout vibrant, et une voix me souffle : viens, c'est facile, regarde comme c'est simple !
Quelque chose s'ouvre en moi comme une fleur, quelque chose qui pulse et irradie, et s'oriente comme un tournesol vers un soleil invisible.

C'est alors que je sens comme un contact si aimant, un effleurement si délicat qui touche mon corps-énergie, le traverse et touche jusqu'aux fibres ultimes de mon être ! Mon corps vibre comme s'il était piqué de milliers d'aiguilles de lumière.

J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de monde dans cette dimension si vibrante et animée !
Si prôche de nous.
Je ressens alors une empathie merveilleuse, une sorte d'extase. Et cela me réveille vraiment.
Je reste un moment tout étonné de ce contact.
J'ai l'impression que l'expérience est encore là, et fais silence dans une sorte de sourire intérieur.

Et la voix de mon être psychique, fraîche et enfantine, se fait alors entendre : tu vois, c'est simple,
il suffit de faire ce mouvement intérieur d'accueil et les intelligences évolutives qui oeuvrent à l'assomption de la nouvelle conscience se montrent réceptives et communiquent.

Ma nuit en a été boréale. Et les jours qui ont suivi aussi.
Et l'urgence d'avancer, de me mobiliser plus fort pour que jamais m'a tenaillé et me tient encore.

N'être qu'un feu, un brasier pour accélérer cette prodigieuse infusion de Conscience en cours.
Et qui s'infuse en tout et en tous aujourd'hui sans exception !

Yaristan

26.07.2007

Méditation ?

La méditation est une pratique.

Très naturelle, pour peu que nous soyons ouverts à une démarche d'évolution intérieure.

C'est d'ailleurs la seule condition requise !

De nombreuses organisations et guides spirituels en ont compliqué l'exercice, parfois à dessein il faut bien le reconnaitre, en imposant des contorsions psychologiques et spirituelles, en instituant des rapports de dépendance complètement opposés au développement de l'autonomie consciente et de la responsabilité évolutive.

Ni mantra spécifique, ni filiation, ni baraka spirituelle, ni langues ou divinités exotiques ne s'imposent à l'aspirant sincère.

Mais nous pouvons aussi alimenter notre feu de tous ces bons fagots de bois sacrés !

Par delà le tic d'exclusion et d'anathèmes, de revendication exclusive du Sacré et de son primat qui éborgnent chacune d'elle, pourquoi ne pas inaugurer l'orgie sacrée et dionysiaque des complémentarités ?

Pourquoi ne pas puiser, en discernant les paliers expressifs, les strates évolutives, à l'aune de tous ces augustes bréviaires, et boire jusqu'à satiété d'âme à la source de ces milliers de manuscrits et d'inspirateurs ? Sans nous laisser entraver - comme on le fait pour les dromadaires - dans le campement unique de notre peur. Alors que tant d'oasis riches de rencontres et d'enseignements, d'ouverture et de beauté, jalonnent encore la Voie.

Dieu merci la période obtuse des enseignements traditionnels contraignants et culpabilisateurs, et du disciplinariat initiatique unique est en train d'achever son cycle.

Sa coque éclatée nous délivre enfin l'amande fraîche de notre liberté spirituelle en inaugurant la Voie des Voies, qui en appelle à notre maturité et à notre conscience pour participer à l'énergie évolutive des mondes.

Nous pouvons nous relier à nos Sources diverses sans avoir besoin de rituel compliqué et archaiques : sans la direction spirituelle policée d'un Ignace de Loyola, les transes de boshimans, les dhikr médiévaux des soufis , ou les invocations des chamans de Mongolie.

Ouf ! Dieu sait si l'humanité à payé le prix de cette liberté, et la paye encore ! Alors fréquentons là donc cette voie qui a pour prix l'incertitude modeste et poétique du présent couplée à la danse titanesque de la grande Shakti évolutive !