20.01.2009
La lumière s'affute : vers Projet Savitri III
Comme tout un chacun j’ai plusieurs origines.
Mes documents d’identité signent mes ascendances biologiques et sociologiques. Ils inscrivent mon histoire dans celle de l’immigration maghrébine et espagnole, dans la France ouvrière des années 1960. J’ai connu les quartiers insalubres, puis les cités avec leurs habitats en barre. J’ai partagé les jurons, les codes d’honneur, la débrouille, tout en redoutant les rêves de retour au bled de mes parents.
Rapidement cependant mon histoire sociologique a déraillé. Un invisible cheminot a déporté mon wagon sur une autre ligne. J’ai compris rapidement que j’avais quitté le train familial et celui des mes copains de quartier.
J’ai été saisi précocement par la fièvre des grandes questions. Ces dernières m’ont habité sans relâche. Elles m’ont jeté dans des lectures affamées, dans les bras de tous les philosophes à ma portée. Puis elles m’ont orienté vers les grands spirituels. A 17 ans je découvrais les collections de Jean Herbert, l’hindouisme, Satprem, Sri Aurobindo, Mère.
A 20 ans je suis parti en Inde, à Jérusalem, en Egypte. Puis la rencontre de Pierre Rabhi m’a poussé vers l’Afrique. J’ai depuis lors cumulé 25 ans de cette Afrique matricielle.
L’autre chemin
Aujourd’hui il me semble qu’un cycle est terminé. J’arrive au bout d’un chemin qui m’a porté vers des extases et des abîmes. J’ai connu les confréries soufies, les ashrams, les intégristes djihadistes, les associations humanitaires, les engagements divers, les bidonvilles et les palaces.
Lorsque je suis parti en voyage dans ma vingtaine, ce n’était pas pour voir le monde ou le changer, mais pour vivre la rugosité de son expérience. Pour rencontrer face à face la vie insécure, et parier chaque jour sur la possibilité du lendemain. J’ai croisé des porteurs de sens modestes, et des illuminés experts en marketing. J’ai pu faire une sieste rédemptrice au pied de la pyramide de Guizeh, et traverser les lignes de force du temple de karnac. Ainsi faisant, je n’ai pas détendu l’arc des questions. J’en ai fais ma respiration.
En rentrant en Europe, après 15 années d'absence, j'ai pris en plein coeur l'opercut de l'âpreté sociale. J'ai connu les difficultés d'une vie à refaire en repartant de zéro. Ce qui ne m'a pas empêché, rompu de dettes et tenu solidement en éveil par la tenaille de la précarité, mais aidé par des amis de coeur, de construire les bases d'une vision en action.
Si tu cherches Dieu disait quelqu'un, jette tes papiers, tes cartes de crédit, donne tout ce que tu as, et va ainsi, tu peux être sûr alors de le rencontrer !
Aujourd’hui je participe autrement au monde. Il résonne tout entier dans le coquillage de mon corps/conscience. Ma vision est à la fois plus unitive et plus diffractée, plus intégrative et plus extériorisée.
Nous avons chacun notre heure. C’est ce sentiment qui m’habite. Car je n’ai plus le choix que le Choix qui a grandi en moi et qui tient à présent les rênes. Le choix de la conscience et de la transformation.
Une manière dynamique et active de dire l’Amour en action ?
Il y a sans doute un moment dans une vie ou ce qu'on a labouré et semé durement, en pesant de tout son corps et de toute son âme sur la charrue des questions et du sens, finit par porter ses fruits ?
La braise intérieure commencerait-elle à flamber ?
Comme dans le sahel désertique, une pluie soudaine et unique peut faire germer des milliards de graines. Les dunes chauves et sableuses deviennent des collines verdoyantes colorées de papillons.
Il est temps, petit, me souffle le Daemon, le grand frère là-haut sur son nuage, qui m'observe depuis son Google-earth transcendantal.
Bon, ok, on y va ? Ce serait donc la troisième étape du projet Savitri ?
De quoi sera-t-elle faite ? De cette flambée sans doute, et de tous ses feux contagieux à partager forcément !
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