04.01.2009

Aurovillages : avec le Burkina Faso, le Maroc ?

Tandis que nous grimpions un petit chemin de montagne dans la région de Foix, l'idée-force des Aurovillages a pris un peu plus de densité.

Depuis quelques années le Maroc nous trotte dans le coeur.
Pourquoi ne pas faire éclore cette idée là-bas également ?

Dans la région de Fez ? Y ancrer, dans un lieu universaliste de poly-activités écologiques, économiques et inter-culturelles/inter-spirituelles (centre ressource, artisanat, produits bio-équitables, publications, accueil, séjours...), associant un village local, ce que la culture universelle arobo-andalouse a eu de plus universel et de plus ouvert ? En soutenant ce que, à rebours de la régression djihadiste, la culture arabe, berbère, islamique peut avoir comme ouverture vers le futur ?

Comme l'Afrique noire, le monde musulman est relégué sur les marges d'une post-modernité. Mais à la différence de l'Afrique noire (mais pour encore combien de temps ?) le monde arabe vit souvent cette relégation dans le ressentiment.

Pourtant les ressorts d'une post-modernité sont actifs et vivants au coeur des sociétés musulmanes. Au coeur même de ses cultures vivantes, comme de ses fondements religieux et mystiques. Des figures magnanimes comme l'Emir Abdelkader témoignent de ce potentiel d'ouverture et de fraternité universaliste. Des chercheurs contemporains rouvrent les portes de l'ijtihad, et mettent à jour les sources vives de liberté prophétique occultées par les corpus sourcilleux des docteurs de la loi. L'histoire d'Al andalus et de la méditerrannée est fertile en passerelles, en témoins, en récits d'ouverture et d'universalisme.

Un Aurovillage au Maroc aurait cette vocation d'ouvrir cette possibilité pour le futur. Avec l'extraordinaire culture d'hospitalité, d'art de vivre, d'ouverture et de spiritualité inhérents à ce pays, gageons que cette idée peut trouver là-bas un merveilleux terrain d'expression.

Toutes ces années de travail sur la culture arabo-andalouse, et la fondation avec de précieux amis de l'Institut Occitanie Al Andalus, prendraient ainsi tout leur sens ?

Qui sait ?

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