02.12.2008
Une surprise
Depuis maintenant plusieurs décennies je travaille en Afrique, en région subsaharienne, sur des questions de développement.
Je me suis toujours posé la question de cette orientation africaine.
Pourquoi étais-je en Afrique alors que ma visée intérieure était Auroville et l'ashram de Sri Aurobindo ?
J'étais pourtant au départ bien orienté vers Auroville et l'nde, puisque j'y avais effectué un séjour passionnant en 1982.
J'avais pris la décision de retourner y vivre après une formation en pépinière et horticulture que j'avais l'opportunité de faire en France, et que je faisais en vue justement de mes futurs engagements aurovilliens. J'avais décidé de retourner y vivre pour consacrer ma vie à l'évolution supramentale.
Mais voilà, la rencontre de Pierre Rabhi m'a orienté vers l'Afrique de l'Ouest. Pendant des années je me suis demandé quel pouvait être le sens de cette bifurcation. D'autant que même en travaillant avec Pierre, dont je partageais certaines convictions agro-écologiques et humanistes, je gardais l'idée de retourner ultérieurement en Inde.
Mais alors que Pierre Rabhi et ses équipes se rapatriaient en France suite au coup d'état de Blaise Compaoré, je suis resté sur place et mon expérience s'est "africanisée". Je me suis retrouvé emporté dans un cycle d'aventures assez rocambolesques de situations inédites : découverte du monde vaudou togolais, vie aventureuse avec les touaregs, vie en forêt au Ghana, vie auprès de marabouts et de mystiques soufis au Sénégal et en Mauritanie, vie dans les bidonvilles d'Abidjan. Je dis bien "vie" car ce sont des années de vie et non des semaines et des mois, puisque l'ensemble a totalisé presque 10 années pleines.
Cette décennie d'histoires africaines, doublée d'études ultérieures en sociologie et anthropologie, m'ont profondément changé. Ces dernières années m'ont permis d'approfondir les questions du développement, du changement social, des liens avec le changement personnel. De travailler sur les dynamiques en grappes dont parle Emmanuel Ndione, mais aussi de comprendre les bouleversantes révolutions sociales, culturelles, ontologiques qui secouent les mondes africains. Je cumule à présent près de 25 ans d'expériences africaines.
Je garde un intérêt intact pour ces mondes frères. Frères car mes propres origines dans le souss marocain fondent cette africanité qui bat le tamtam dans mes cellules. Je l'éprouve comme une richesse complémentaire à mes appartenances méditerranéennes.
Mais tout cette évocation se rapporte à mon questionnement de départ : pourquoi l'Afrique ?
J'ai parfois l'idée que certaines questions ne trouvent leurs réponses qu'après de longues danses ellipsoïdales qui nous imposent un ballet parfois incongru d'autres questions/réponses. Avant d'aboutir, alors qu'on ne s'y attend plus, à la réponse de la question initiale.
Celle-ci est-elle en train d'advenir ?
Car tout au long de ces années je n'ai jamais perdu le fil de ce qui m'avait porté vers Auroville, et auprès du Samadhi de Sri Aurobindo. Toutes ces années j'ai senti une intensité grandir.
Il semble aujourd'hui que je comprends ce que je suis venu faire en Afrique.
Et nous allons commencer, avec tous les amis d'une étonnante reliance, le vrai Travail.
La création d'un Aurovillage en Afrique !
19:49 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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