26.10.2008
Quand la maladie s'invite...
Un jour une des cordes majeures de la santé casse de manière inattendue.
On reste frappé de stupeur.
On entre alors dans le club de ceux qui se vivent en sursis, en prise directe avec une autre sensation et une autre chronologie.
Qui vivent avec le corps chevillé à l'esprit.
Avec le pouls qui bat dans la tête.
Il faut le reconnaître: avant "l'évènement" on vivait dans une relative inconscience du corps.
Du moins celui-ci ne se manifestait que par des sensations et symptômes de co-présence positive, ces sensations journalières et familières qui sont celles d'une mécanique bien huilée. Avec ponctuellement quelques grincements qui nous rappellent à notre précarité. Puis les petits bobos passent, et la vie reprend.
Mais arrive un jour le système se grippe... définitivement. Rien n'est plus comme avant.
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Lorsqu'on travaille sur la question du supramental et de la transformation on sait que le corps est de la partie. On sait que la quête ne part pas en flèche vers les hauteurs spirituelles. Pour s'envaser dans les contrées sans fin de la félicité.
J'ai toujours trouvé incomplète cette approche. J'ai rencontré de nombreux pratiquants de cette orientation : bouddhistes, soufis, pratiquants de nombreuses écoles de méditation. Ils manquent du souffle teillardien de la divinisation de la matière.
On trouve cette dimension plénière de la transformation chez certains chrétiens orthodoxes, mais enfermée dans un sourcilleux corpus doctrinaire.
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On ne cherche pas l'extase, ni le bien-être. Mais on se donne au service de la Shakti créatrice. Et c'est dans ce service que jubile en nous une extase participative d'action et de transformation.
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La maladie nous met en prise directe avec le corps. Le sang et ses composants, la température et ses aléas, les rythmes cardiaques, les mouvements, les articulations, la digestion...Il s'agit à présent de sensations au quotidien. Auparavant on pouvait bien associer le corps.
On le sentait impliqué. On l'associait par des exercices, par des pratiques diverses. Mais on était pas dedans.
Car il manquait l'urgence qui attise, et la conscience permanente associée à ses mouvements, à ses faiblesses et à ses rythmes précaires.
Le fait de ce retrouver en situation permanente de co-présence/dépendance est une mine extraordinaire d'enseignement.
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Depuis quelques temps le pouls pulse dans ma tête. J'entends son ressac comme si mes oreilles étaient collées à des coquillages. Son rythme rapide et irrégulier bat un étrange rappel. Surgissent de mon passé des souvenirs mêlés, des sentiment de reconnaissance, le sourire de Mère. Mon regard se transforme. Quelquefois il me semble prendre un recul soudain pour tout ce qui m'entoure et le monde s'éloigne comme derrière un voile. Les personnes me deviennent chères et émouvantes. Je sens alors cette fraternité d'âme qui nous relie tous. Je marche plus lentement, je pense plus tranquillement. Je vis dans l'univers et travaille à "enspiraler" le mantra de la transformation à ce pouls, et à ce ressenti corporel généralisé. Généralisé en soi, mais généralisé dans le monde car nous faisons corps avec lui. Energétiquement, corpusculairement nous sommes ses embouchures conscientes.
La dernière ligne du dernier poème des contemplations de Victor Hugo se termine je crois par "commençons !".
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15:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.10.2008
En ligne
Depuis quelques mois on trouve presque la totalité des oeuvres de Sri Aurobindo et de Mère en ligne, et même en français !
- Le site de l'Ashram met en ligne presque la totalité des oeuvres... Avec de nombreux éléments en plus : oeuvres de disciples, musique, lecture... http://sriaurobindoashram.info
On trouve ce site avec l'agenda de Mère intégral en français et en anglais : http://mother-agenda.narod.ru/
20:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.10.2008
Sri Aurobindo
Je crois que nous devons tous avoir dans nos différentes histoires quelques compagnons de route spirituels importants.
Parmi ces compagnons divers, dont les présences s'étoilent comme des boddhisatvas sur la thanka tibétaine de notre coeur, il y parfois, au centre, celui dont on dit en Inde qu'il est notre "Ishta Guru", le maître d'élection qui nous guide sur la voie.
Depuis quelques temps je prends la mesure de ce que Sri Aurobindo représente pour moi. J'ai lu quelque part, dans l'Agenda de Mère je crois, que la lecture de Sri Aurobindo pouvait petit à petit changer la façon de penser habituelle de notre cerveau. J'en ai vécu l'expérience effective.
J'ai eu le bonheur de le découvrir très jeune. Et de le lire inlassablement pendant des années, notamment le Vie Divine, la synthèse des Yoga, les différents volumes de compilations sur le yoga chez Albin Michel... Certes je lisais dans le même temps tout ce qui pouvait se lire concernant les questions spirituelles : de Ramakrishna, Vivekananda, Sivananda, Ramdas, Krishnamurti, Rajneesh/Osho, Arnaud Desjardin...pour ce qui est de l'Inde, mais aussi Clément, Evdokimov, Teilhard... les différents courants ésotériques d'Occident, le soufisme, la littérature et la philo...
Mais Sri Aurobindo, c'était autre chose. La lecture difficile de la Vie Divine qui m'a imposé, à 16 ans, un considérable effort d'assimilation et de vocabulaire m'a littéralement transporté. Je me plongeais toujours avec bonheur dans ce fleuve de connaissance transcendantale. J'aimais le rythme et l'ampleur du style, et ces longues vagues elliptiques naturellement intégratives qui abordent les différents points de vue pour les réconcilier dans l'épicentre d'une vision encore plus vaste. J'éprouvais un "Rasa" de bonheur et de félicité à cette lecture. Pas tant pour le contenu argumenté, mais parce que j'entrais en résonance profonde et dans une sorte d'intelligibilité extraordinaire avec le monde à travers les mots et l'amplitude de la vision de Sri Aurobindo.
J'ai peu trouvé d'équivalence chez des centaines d'autres auteurs et spirituels. Certes j'ai trouvé des ouvertures spirituelles, des intuitions, des émotions dévotionnelles, des états méditatifs, des intelligences spirituelles illuminées dans le vrai sens du terme chez nombre d'entre eux. Et puis je ne me suis pas contenté de lire : j'ai voyagé dans de nombreux pays, séjourné dans des ashrams traditionnels, dans des zaouias, j'ai vécu auprès de saints...
Certains m'ont expliqué qu'il fallait développer la dévotion du coeur et surtout me méfier du mental, d'autres m'ont fait comprendre que les émotions dévotionnelles pouvaient être un piège et altérer le discernement...
D'autres ont essayés de mon convaincre que mon ressenti du corps-énergie devait se développer, que mes émotions devaient être vécues totalement pour éprouver l'Etre !
D'autres encore m'ont convaincu que je ne devais plus penser mais jouir de l'instant présent, ici et maintenant ; d'autres que des dizaines d'années de méditation me permettraient d'aller au-delà du monde conditionné après avoir dompté mon ego et épuisé mes samskaras ; d'autres encore que je n'avais qu'à retrouver le chemin coranique de la droiture et suivre le chemin mystique de tel Cheikh sénégalais (Cheikh Ibrahima Niass), grand pôle spirituel du monde. D'autres m'ont expliqué qu'il suffisait de vivre de mes mains pour être en cohérence avec la nature et moi-même.
Certains m'ont dévoilé des connaissances initiatiques, en me proposant d'avancer ensemble sur la voie périlleuse de la domination et des pouvoirs.
D'autres m’expliquaient qu'il suffisait de se donner à Dieu, de prendre un chapelet et d'aller par le monde en chantant son nom ; d'autres que je devais pratiquer la voie sans voie de la non-dualité en laquelle toutes les contradictions s'abolissent...
Mais je ne cherchais pas la sérénité, ni le bonheur, ni la lutte contre le stress. Je ne voulais pas me mordre l'oreille en essayant vainement de tordre le cou à mon ego. Ni chercher son aiguille dans le foin de mon existence avec la lampe de poche de ma culpabilité. Je ne voulais pas non plus aller au paradis par peur des enfers. Ni quitter le dualité du monde pour trouver un bien-être détaché. Ni suivre la voie droite qui nous fait devenir raide de certitude et de rigidité. Je ne cherchais pas un refuge, une sécurité, un apaisement.
Je cherchais l'amande d'or de la connaissance qui connait, qui aime, qui peut, qui agit . En embrassant le monde de tout mon coeur, avec ses douleurs, ses abysses, ses inquiétudes vrillées dans sa substance et sa chair. Pour les éprouver et les transformer de toutes mes forces.
J'avais croisé Sri Aurobindo et cette vision si vaste des mondes et des univers, et m'y retrouvais naturellement.
Jusqu'à présent sa vision transformative et intégrale m'habite au plus profond.
Et cette cohérence fractale qui se déploie comme si l'univers lui-même formulait son intelligibilité fait partie de ma nature.
Et enfin ce projet transformation de l'univers au coeur duquel l'être humain se trouve, et qui se développe en lui et par lui est devenu mien.
Au-delà de la non dualité, Sri Aurobindo nous transporte dans une dimension de l'agir divin. Et là, l'oeuvre ne se fait plus dans la méditation ou dans la contemplation vers le haut/intérieur mais dans l'action de transformation simultanée de soi et du monde, dans la forge de la conscience et du quotidien.
Une transformation qui va consciemment jusqu’aux sources corpusculaires de la matières pour y faire reflamber l’Esprit.
20:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.10.2008
La crise
J'ai quelques amis qui risquent d'être déçus. Tandis que certains retenaient leur souffle en priant pour leur assurance-vie et leur portefeuille d'actions, certaines de mes connaissances attendaient, de ce crash enfin advenu, un effet domino généralisé et l'effondrement de tout le système-monde. Et se préparaient à entasser des réserves, à vivre en autonomie en semi-montagne... Les uns ne seront pas satisfaits car le monde ne s'écroulera pas, les autres parce que ce dernier est devenu plus insécure et incertain que jamais. Car si les compagnies elle-mêmes risquent la faillite d'un jour à l'autre, alors plus aucune assurance ne peux plus assurer de rien...
Le plus étonnant pour tous réside dans le constat suivant : s'il tremble sur ses bases, s'il tangue, s'il semble parfois au bord du naufrage, le système-monde se redresse et reprend la mer ! Inexpliquablement l'immense navire chaotique tient le choc, mieux il résiste, et continue de foncer proue en avant vers son aventureuse destination.
Pollué, miné par les bombes à retardement des centrales nucléaires, soumis aux indécisions et aux irresponsabilités du commandement et de son équipage, déstabilisé par des dizaines de mutineries armées internes, craquant de tous les cotés, le vaisseau Terre, admirable, continue à produire des fleurs et à étoiler la nuit stellaire des milliards d'ampoules électriques qui scintillent aimablement. Aucun moteur interne ne semble expliquer son mouvement irrésistible. Il semble comme tiré en avant par quelque invisible attracteur...
La Crise manifestée par les évènement récents n'est en rien nouvelle et s'inscrit dans une progressive adaptation structurelle au monde à venir. Laquelle remet en cause, feuillet par feuillet toutes les dimensions du devenir individuel et collectif.
L'unification des systèmes monétaires imposée par leur fragilité, leur volatilité et leur déterritorialisation, induira nécessairement des systèmes de régulation et de contrôles renforcés au niveau sous-régional et international. Parallèlement nous assisterons à l'avènement de multiples monnaies locales de services qui permettront de consolider les niveaux complexes de l'économie locale, notamment, mais pas seulement, les services d'utilité sociale qui échappent à la rentabilité économique. D'autres circuits de proximité trouveront là un dynamisme et une liberté d'initiative qui s'imputeront notablement et positivement sur l'économie générale.
Des éléments fondateurs comme la parenté et la filiation, mais également la question du genre et des sexes sont aussi au coeur d'une crise anthropologique sans précédent. Pas seulement en Occident, mais par ricochet dans toutes les sociétés et les cultures. Elle fait moins de bruit que l'effondrement du système bancaire, mais son impact est beaucoup plus profond, et ses effets humains et sociaux parfois terribles...Puisqu'elle induit automatiquement une crise copernicienne des religions !
Ces dernières, frappées de plein fouet par le relativisme culturel généralisé, la sécularisation du droit humain, la légitimation et la "naturalisation" amorale des moeurs et des plaisirs, la mondialisation des offres de croyances, ces religions donc, sont irrémédiablement ébranlées. La "starification" du pape, ou celle du Dalaï-lama ne sont que d'illusoires paravents qui cachent mal ce naufrage : les religions sont tombées de leur piédestal et ne sont plus les régulateurs fondamentaux des sociétés.
Les individus, qui ne trouvent plus les cadres communautaires et sociaux traditionnels ( le travail, le quartier, le syndicat, la paroisse....) pour raccrocher leur besoin de sens et de reconnaissance, ni les religions traditionnelles qui se délitent dans l'environnement local, sont renvoyés à la construction individuelle de sens, au bricolage identitaire, à la précarité de leur statut et de leur identité... Cette étrange anomie et perte de sens dégénère en échecs divers et en pathologies, mais renvoie de plus en plus les individus consommateurs vers un plus grand désir d'assomption personnelle, de subjectivité ouverte et communicative, d'empathie et de reconnaissance universaliste...
L'explosion phénoménale des sociétés traditionnelles dans les pays du Sud et le broyage des cohésions et des solidarité dans les chaudrons urbains, l'individualisation et la libéralisation des moeurs des nouvelles générations, leurs quêtes de repères et d'identité nous réservent quelques tsunamis sociaux. Mais comme partout le chemin de l'individuation vers la personnalisation et la subjectivité universalisante fait son chemin, épaulée par des nouvelles croyances, des sectes, ou des courants religieux réformés...
Cette évolution vers la personnalisation et la subjectivité universaliste est l'ennemi principal des intégristes de tous bords. Mais la bombe à fragmentation de son avènement est en marche, affectant les hommes et les femmes de tous les coins du monde, même les plus reculés. Elle n'est plus retenue par aucune digue géographique ou matérielle, militaire ou politique. Elle est dans l'air que tout le monde respire.
La relation au corps est en train d'être physiquement et subjectivement bouleversée. Greffes et prothèses nous préparent des corps hybrides... des technologie régénératives en cours d'étude banaliseront la vie en co-présence simultanée, fait unique dans l'histoire, de quatre à cinq génération en bonne santé... L'avènement proche qui verra la conjonction du virtuel et du biologique changera l'ontologie même du corps. Les sceptiques n'ont qu'à prêter l'oreille aux témoignages de certains handicapés ou transexuels.
La "déspatialisation" et la déterritorialisation, s'il elles restent encore anodines, vont creuser également un étrange gruyère psychologique dans notre conscience-monde, non seulement par les biais des mondes et des services virtuels de nouvelles générations, mais par les possibilités de détemporisation (sensation du temps ralentie, suspendue, ou accélérée artificiellement), ou de transtemporalité ( certains partageront leur vie dans plusieurs temporalités. On pressent cette orientation dans le succès des jeux de rôles, qui s'enrichiront bientôt des connectivités virtuelles qui leur permettront de faire advenir des mondes communautaires avec leur propre temporalité et...leur légitimité !).
Tous ces éléments ne sont que des pistes intuitives, mais de jour en jour elles se précisent. Nous assistons, les yeux ouverts à une mutation intégrale du monde. Une mutation biologique, cellulaire, corpusculaire, sensorielle, ontologique, anthropologique, politique.... Jamais, dans autant de domaines et sur une telle échelle cela ne s'est encore produit. Jamais autant de "doigté" transcendantal et autant de miséricorde n'ont semblé si présents dans ce monde bouleversé.
Donnons-nous les moyens d'y participer !
23:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.10.2008
l'Arbre matinal
J'ouvre enfin le poitrail noueux de mon arbre !
Quel bonheur d’exposer au soleil
son écorce et ses mousses !
De sentir la lente vrille des racines
pousser dans l’odorant terreau du vivant.
J’écoute la rumeur des sèves pulser le mantra de feu
tout au long du tronc vertébral.
Celui qui empourpre la nudité des aurores
Et fait éclore les fleurs de mes offrandes.
Puis survient la montée vers les feuillages pailletés d'or
Dans l'intensité bruissante des couvaisons créatrices.
Là ou le temps s'absente du Présent.
23:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Aurores conscientes
Les pratiques spirituelles du petit matin sont savoureuses comme des pastèques.
Elles nous font l’intérieur comme un jardin frais, aromatique, accueillant pour le Jour qui s’annonce.
Les prières s’envolent comme les oies sauvages qui filent d’un vol uni vers le soleil.
Puis elles reviennent en fine neige d’or tout au long du jour.
Et nous surprennent dans les embouteillages.
22:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.10.2008
La tapasya
J'ai fait partie de ceux qui ont cru à un certain anarchisme spirituel.
Qui ont considéré que le "carcan" des pratiques et des obligations s'accommodait mal de la dynamique de liberté et d'authenticité que j'associais à la spiritualité.
J'étais partisan d'un Gai Savoir spirituel, non contraint, naturel et spontané.
Je trouvais ça et là, chez tel penseur rebelle à la mèche juvénile, chez tel autre perclu dans sa fierté solitaire, ou dans les exemples extrêmes incarnés par les sadhus fumeurs de bang, dans les frasques de Milarepa, dans les désordres de tous les sens pratiqués par les artistes, les poètes et les chamans, dans les maximes paradoxales des taoistes, bref, je trouvais à mon aise une dense matière à satisfaire et justifier mon principe de spiritualité libertaire.
Cette période arrive à son terme, et j'en suis soulagé. Je réalise combien cette étape souvent nécessaire peut nous faire tourner en rond.
Il reste que ce nomadisme spirituel dont la posture romantique reste à la mode, est extrêmement enrichissant.
Il nous permet un affranchissement des contraintes culpabilisantes héritées de notre fond religieux sémitique.
Il nous ouvre aux autres cultures, aux autres ontologies, et décloisonne notre esprit.
Il nous investi d'un sentiment spirituel personnalisé.
Mais il peut se transformer à la longue en une errance addictive pleine d'amertume et de prétention.
Comme ces aventuriers qui furent ivres de liberté que l'on rencontre en Afrique, et qui ont fini par échouer dans un lamentable taudis, dans l'ivresse alcoolisée de leurs souvenirs qui n'intéressent plus personne.
Car cette spiritualité libertaire dont je reconnais l'intérêt comme une étape provisoire et herméneutique devient rapidement narcissique. On réalise au bout de quelques années ou quelques décennies qu'elle constitue un noyau de complaisances, de compromis, d'arrangements égotiques. Son panache spirituel est bien artificiel, et s'écrase lamentablement le nez dans la vie quotidienne traversée de colères, d'immaturités, et contradictions insurmontables.
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J'ai réalisé finalement que nous avons besoin d'un cadre de pratiques, et d'une dynamique cohérente d'efforts soutenus et continus.
Je crois qu'il faut vraiment le réaliser, au sens spirituel du mot. Pour comprendre que la spontaneité spirituelle s'éveille mieux dans un contexte organiquement cohérent. Que sa poésie illumine mieux le présent quand elle s'exerce dans un environnement propice ou tout facilite son expression.
Que le feu de l'effort, le tapas ( en sanscrit) qui s'applique alors à la Voie n'est pas contraint.
Il est naturel, spontané, car il n'y a pas d'autres choix naturel pour croître et évoluer que de mettre en cohérence sa vie autour de l'aspiration spirituelle évolutive. Manger, dormir, aimer, partager, trouver sa place, être avec les autres, s'aimer soi-même, être humble et bienveillant, créer un environnement de vie sain et propice, deviennent naturellement un cadre de pratiques et de consécration permanent.
Donc il faut créer ce cadre et cette dynamique !.
C'est à quoi nous nous attelons !
12:52 Publié dans Les pratiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Changer nos nuits
Réalise-t-on l'inédit de la nuit ?
N'est-il pas étonnant le fait que des millions, des milliards d'être vivants suspendent toute activité consciente, se décontractent, et basculent lentement dans cette face obscure et lunaire de notre réalité que constitue le sommeil ?
Pour des heures et des heures de dérive et de lâcher-prise avant de "se réveiller" !
Quel étrange phénomène ! Qui absorbe en moyenne 24 années d'une vie !
Lors d'une période de ma vie sans domicile, j'errais certaines nuits dans le coeur de Lyon.
Je prenais conscience alors de la ritualisation collective du "coucher" qui passe quasiment inaperçu tant elle semble naturelle et commune.
Exclu du ronronnement général, je ressentais la force et l'étrangeté de cette assignation irrésistible et massive au sommeil.
Je doute que l'on mesure combien cette plongée dans les soutes du réel a pu être inquiétante pour nos prédécesseurs. Loin d'être une oasis d'heures paisibles, la nuit était le plus souvent un moment redouté. Dans ses plis se cachaient d'angoissantes terreurs : prédateurs en tous genres, voleurs, envahisseurs... abus sexuels dans des environnements de promiscuité permanente, cauchemars...
La nuit paisible est une conquête récente, et nous le réalisons si peu !
En Afrique, dans des environnements encore traditionnels peu "contaminés", on préfère toujours dormir, même lors des nuits les plus chaudes et les plus étouffantes, dans des cases et des baraquements fermés qui sont de véritables fours ! Trop de génies et de démons hantent ces heures pour oser y exposer sa vulnérabilité. Lorsque j'insistais pour dormir à la belle étoile, les villageois me regardais avec une perplexité matinée de d'inquiétude.
Freud et ses successeurs ont notoirement contribué à lever le voile sur une partie de ce continent plombé d'inconscience, en dévoilant les troubles mécanismes de compensation et le marécage des refoulements et des réactivités oniriques qui agitent nos nuits.
Les neurosciences ont mis à jour les structures nerveuses, les molécules impliquées dans le sommeil, les processus qui trament son déroulement et toutes les pathologies qui l'affectent.
Mais il reste une zone mal explorée. On sait, pour peu que l'on ait vécu, que dormir peut nous aider à résoudre certaines questions, voir à nous inspirer, et même nous prévenir de certains dangers...Les rêves sont parfois d'étranges voyages dont nous rapportons de curieux coquillages.
Ce continent invisible est pourtant le moyeu central de la roue quotidienne de notre vie.
Nous y passons plus de vingt ans sans aucune formation, dans un espace en friche.
Personne ne nous enseigne à vivre consciemment nos nuits.
La pratique spirituelle évolutive trouve donc là un espace majeur pour s'exercer.
Nous allons donc partir à l'abordage de nos nuits !
Le Projet Savitri nous aimante vers cette direction.
A partir de ce soir nous allons mettre en place le cadre pratique et lancer les opérations !
Nous partagerons tout cela au fur et à mesure...
11:06 Publié dans Les pratiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.10.2008
De l'incertitude comme agrément sur la Voie
"C'est à travers tout ce fatras et tout ce chaos que la Conscience de Vérité est à l'oeuvre, partout, sur tous les points de la terre à la fois, dans toutes les nations, toutes les individualités, sans préférences ni distinctions, partout où il y a une étincelle de conscience qui puisse la recevoir et la manifester." Agenda, 2 Aout 1967
Il est impressionnant de voir avec quel art prodigieux le monde est tenu sur la courbe vacillante des possibles. Tout tangue à l'horizon, et de vastes turbulences secouent notre bateau ivre et le poussent vers une étrange dérive. Toutes les amarres et les sécurités ont sauté. Même le plancher des vaches de la réalité glisse sous nos pieds. Nous voilà, inéluctablement, emportés vers d'autres horizons.
Enfin !
Il est plus que jamais temps d'ouvrir et de développer cette étincelle de conscience dont parle Mère.
L'ouvrir et l'activer dans la braise du quotidien.
Pour ce faire nous nous rendons compte à quel point il est important de centraliser toutes les parties de l'être autour de ce pivot de conscience.
Nous réalisons également combien il est fondamental d'organiser la vie quotidienne pour qu'elle soit, dans son déroulement même, comme enspiralée dans l'aspiration de la conscience évolutive.
C'est tout le sens de notre travail dans ce Projet savitri.
13:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.10.2008
Reprise
Enfin !
Depuis quelques semaines nous avons été engagés dans un tourbillon de changement ! Mais nous l'avons voulu, n'est-ce pas ?
Nous voilà donc en Ariège.
Les montagnes ne sont pas loin.
Les voir tous les jours épauler le paysage a quelque chose de rassurant.
Et puis j'y retrouve une évocation de cette majesté spirituelle de la nature dont parle si constamment le Coran.
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Pas mal de choses ont également changé par ailleurs..
Car ce déplacement avait aussi vocation de dégager une organisation de vie différente, plus à même de mettre en oeuvre cette consécration à laquelle nous aspirons.
En tirant le fil de ce Projet Savitri, l'aspiration évolutive que représentent pour nous Sri Aurobindo et Mère nous est devenue beaucoup plus"centrale".
On pourrait même dire qu'elle devient consubstantielle à notre vie.
Elle scande mantriquement notre temps.
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Nous avons donc opéré des aménagements plus cohérents, modifié certaines attitudes, mis en place des pratiques.
Dans la conviction que le quotidien est la clé du changement.
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Le monde global a aussi changé ces dernières semaines : nous sommes entrés dans le monde des incertitudes et des turbulences.
Les dernières amarres sautent qui nous reliaient encore aux certitudes du passé.
Et voilà notre embarcation-monde propulsée dans la grande aventure de l'univers.
Nous y sommes enfin ! Ouf !
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Le projet Savitri avance en défrichant son chemin vers l'inconnu.
Ce blog donnera l'occasion de continuer le partage.
Et peut-être, qui sait, de rencontrer l'Inattendu !
00:59 Publié dans Les pratiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note