07.10.2008
Changer nos nuits
Réalise-t-on l'inédit de la nuit ?
N'est-il pas étonnant le fait que des millions, des milliards d'être vivants suspendent toute activité consciente, se décontractent, et basculent lentement dans cette face obscure et lunaire de notre réalité que constitue le sommeil ?
Pour des heures et des heures de dérive et de lâcher-prise avant de "se réveiller" !
Quel étrange phénomène ! Qui absorbe en moyenne 24 années d'une vie !
Lors d'une période de ma vie sans domicile, j'errais certaines nuits dans le coeur de Lyon.
Je prenais conscience alors de la ritualisation collective du "coucher" qui passe quasiment inaperçu tant elle semble naturelle et commune.
Exclu du ronronnement général, je ressentais la force et l'étrangeté de cette assignation irrésistible et massive au sommeil.
Je doute que l'on mesure combien cette plongée dans les soutes du réel a pu être inquiétante pour nos prédécesseurs. Loin d'être une oasis d'heures paisibles, la nuit était le plus souvent un moment redouté. Dans ses plis se cachaient d'angoissantes terreurs : prédateurs en tous genres, voleurs, envahisseurs... abus sexuels dans des environnements de promiscuité permanente, cauchemars...
La nuit paisible est une conquête récente, et nous le réalisons si peu !
En Afrique, dans des environnements encore traditionnels peu "contaminés", on préfère toujours dormir, même lors des nuits les plus chaudes et les plus étouffantes, dans des cases et des baraquements fermés qui sont de véritables fours ! Trop de génies et de démons hantent ces heures pour oser y exposer sa vulnérabilité. Lorsque j'insistais pour dormir à la belle étoile, les villageois me regardais avec une perplexité matinée de d'inquiétude.
Freud et ses successeurs ont notoirement contribué à lever le voile sur une partie de ce continent plombé d'inconscience, en dévoilant les troubles mécanismes de compensation et le marécage des refoulements et des réactivités oniriques qui agitent nos nuits.
Les neurosciences ont mis à jour les structures nerveuses, les molécules impliquées dans le sommeil, les processus qui trament son déroulement et toutes les pathologies qui l'affectent.
Mais il reste une zone mal explorée. On sait, pour peu que l'on ait vécu, que dormir peut nous aider à résoudre certaines questions, voir à nous inspirer, et même nous prévenir de certains dangers...Les rêves sont parfois d'étranges voyages dont nous rapportons de curieux coquillages.
Ce continent invisible est pourtant le moyeu central de la roue quotidienne de notre vie.
Nous y passons plus de vingt ans sans aucune formation, dans un espace en friche.
Personne ne nous enseigne à vivre consciemment nos nuits.
La pratique spirituelle évolutive trouve donc là un espace majeur pour s'exercer.
Nous allons donc partir à l'abordage de nos nuits !
Le Projet Savitri nous aimante vers cette direction.
A partir de ce soir nous allons mettre en place le cadre pratique et lancer les opérations !
Nous partagerons tout cela au fur et à mesure...
11:06 Publié dans Les pratiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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