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12.04.2008

La sexualité, première partie

En remerciement à Pascal, pour avoir parlé si naturellement de la sexualité, dans un environnement de pratiquants spirituels ou cette question est souvent taboue !

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Et quel tabou ! Une hypocrisie générale suinte sur les étals de livres qui encombrent les rayons ésotériques et spirituels. Réincarnation, karma, 7 ème rayons, ascension...

La fréquentation de milieux spiritualistes de tous bords a souvent provoqué ma perplexité. En dehors du partage de "l'essentiel", qui se situe en général au dessus du pantalon, le sexe est un fantôme qui reste souvent au placard !

On réalise vite, que même enfermé à double tour, il fait tourner les têtes, et que son ectoplasme est omniprésent. Quand on étudie un peu la question, et les milieux, on réalise que la petite bète démange pas mal de monde quoiqu'il en paraisse.

Et que souvent, moins elle apparait, plus elle démange ! Plus tard, j'allais comprendre, qu'elle ne démange pas seulement les disciples, mais, en secret également, pas mal de maitres et sous-maitres de tous bords !

Très tôt j'ai été confronté au vif de cette question. J'ai grandi dans un milieu populaire d'immigrés maghrébins, ou le sexe bien qu'entaché de honte, et réservé à la sphère privée, était considéré comme un facteur de santé sociale et spirituelle !

Mais voilà, mon intérêt précoce pour les questions essentielles m'a rapidement confronté aux discours castrateurs des grands spirituels. Comment ? Cette pulsion de plaisir serait donc une malédiction ? Il faudrait la mater, la juguler, la dépasser ? La transformer ? Oui mais comment ?

Les théosophes n'en disaient presque rien ! Experts en détails sur la vie après la mort, sur le civilisations disparues, les sous-races et les annales akashiques, ils ne nous disent rien sur le sexe, en particulier sur la façon dont ils s'en seraient eux-mêmes émancipé !

Je cherchais en vain chez les anthroposophes, rien non plus sur la vie sexuelle de Rudolf Steiner, histoire de donner quelques lignes de conduite ! Mais pourquoi n'a-t-il pas exercé sa clairvoyance pour nous élucider cette question ? La vie subtile des abeilles et des hyperboréens est passionnante mais le sexe, quand même ?

J'appris plus tard que le grand corps de la Société théosophique avait été secoué de nombreux scandales sexuels. Que le spécialiste de la réincarnation, le cher Leadbeater, était amoureux de la carnation moirée des jeunes garçons indiens. Il prétextait étudier l'aura des jeunes prétendants au statut de Christ cosmique et dénicher le nouvel avatar, pour faire ses petites affaires et rémunérer les parents conciliants.

C'est d'ailleurs de cet examen qu'est sorti premier le jeune Krishnamurti, dont on sait la carrière et le désintérêt complet pour les questions sexuelles de ses disciples tourmentés.

Je découvrirai plus tard que le cher Gurdjieff imposait des fellations à ses disciples admiratrices, et que Carlos Castaneda sombra à la fin de sa vie dans un délire maniaco-sadique, maltraitant et abusant ses disciples...

Mais tout cela et tant d'autres frasques, menteries et faux-nez de faux maîtres me seront révélées plus tard...

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J'étais donc un adolescent fort encombré par ce geyser de vitalité hormonale qui me m'exaspérait les parties intimes et me rendait la vie impossible ! Et surtout m'entrainait à rebours de mes pratiques spirituelles !

J'essayais toutes sortes de solutions ! Le Hatha Yoga que je pratiquais la nuit, dans ma chambre, en veillant à ne pas réveiller mes frères ! Avec une lampe de poche pour lire mon manuel de postures, je me contorsionnais les muscles, en recherchant les meilleures positions pour juguler le flux coupable. Avec consternation je constatais qu'au lieu de réduire mon énergie et de la transformer en spiritualité, j'avais encore plus de vitalité et de fièvre érotique !

Je me jetais alors dans les mantras et dans la lecture de swami Ramdas ! Ah voilà un spirituel pragmatique ! Jaï Ram, Jaï Jai Ram, rien de tel que les coups de cloches du Saint Nom pour orienter dans le bon sens ma compulsion intempestive au plaisir ! Je prenais le bus avec Swami Ramdas, allais aux courses avec lui, et récitais mon chapelet avec tout mon coeur. Cette "période" a été un vrai bonheur, et mon esprit a connu quelques expériences dévotionnelles qui me restent aujourd'hui comme des grâces particulières. Je garde dans ce sens une tendresse et une affection pour Swami Ramdas et ses carnets de pélerinage. Mais malheureusement je restais avec le problème de mon égo érotomane, dont les éclipses momentanées auguraient toujours des retours redoutables. Des marées de fantasmes m'emportaient pour me laisser naufragé dans la tristesse de mes glandes apaisées !

Sri Aurobindo, Mère et Satprem, il faut le reconnaitre ne m'ont pas été d'un grand secours. J'en étais arrivé à penser que je devais être d'une nature particulièrement disposée à la fornication ! Le climat méditerranéen de mes ancêtres, la libéralité du monde musulman peu porté à l'ascèse sexuelle, mon éducation dans des quartiers populaires salaces, tout cela avait fait de moi un pauvre sysiphe tourmenté, condamné après chaque défaillance à remonter le boulet de sa pénitence. Sûr que le serpent lové dans mon ventre allait bientôt avoir le dessus sur toutes mes aspirations.

Ah j'eusse aimé que Satprem ne partage pas seulement sa rage évolutive mais ses tourments du corps ! Avec son talent il m'aurait tendu la corde et j'aurai pu grimper hors de cette arène jouissive et infernale. Mais non. J'étais seul, pris dans le tenaille de ma contradiction.

Mes années de jeune homme ont été marqué par de nombreuses expériences lumineuses, mais aussi par ce jeu d'ombres troubles. Je n'arrivais pas à m'extraire de la fascination des beaux déhanchements chaloupés, des têtons devinés, des minois tentateurs.

C'est Ramakrishna qui m'offrit une solution. "Tu est tenté par la gourmandise, et bien mange, mange tout ce que tu peux rêver de manger, baffre toi mon petit jusqu'à satiété, jusqu'à ce que l'envie, épuisée, te quitte enfin et te libère !" Je décidais d'appliquer cette recommandation à mon problème. Le problème, c'est que l'envie ne s'épuisait que pour quelques jours, et me redémangeais de plus belle !

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Je me souviens avoir rencontré dans à cette époque, alors que je fréquentais les milieux rosicriciens, un homme remarquable de dévouement et ardent pratiquant. Un soir que nous prenions un pot, il me fit part de son malaise sexuel. Il m'expliqua que malgré toute sa bonne volonté, il était régulièrement traversé de pulsions et d'obsessions, et ne trouvait de solution, étant célibataire, que dans la fréquentation régulières de prostituées. Il me fit comprendre, en retenant ses larmes, que cette situation le torturait. Et que sa pratique rosicrucienne ne lui était d'aucun secours. Il me demandait donc conseil. J'étais à cet époque auditeur libre à l'université de Lyon, partageant mon temps entre des cours de littérature et de philo. J'étais environné par une petite constellation d'étudiantes décomplexées, et m'accommodait sans remords d'une vie sexuelle diversifiée. Je l'encourageais, en citant Ramakrishna, à satisfaire légitimement et complètement ses pulsions sans remords et sans culpabilité, en lui faisant comprendre que ce n'était pas la sexualité qui était malsaine, mais la culpabilité et la honte qui l'habitaient. J'ai tellement été frappé par la détresse de cet ami, que je l'ai un peu aidé à sortir de son confinement psychologique malsain. Quelques semaines plus tard, il avait changé d'attitude...et trouvé une amie !

J'ai rencontré un cas similaire en Côte d'Ivoire. Je résidais alors chez un homme remarquable, de belle prestance, fortuné, membre "haut gradé" de plusieurs obédiences initiatiques, érudit, passionné de spiritualité et célibataire. Je partageais avec lui des soirées fabuleuses sur la réincarnation, les égrégores, les phénomènes psychiques, les qualités intérieures... Un soir le masque lui tomba et mon ami me fit part de sa détresse et de sa solitude sexuelle. Entre masturbations et appel aux prostituées, il était dévoré de honte et de culpabilité ! Et vivait dans un profond malaise son statut de membre haut gradé.

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Bon, il faut bien s'y résoudre, nous ne sommes pas tous des athlètes de la supraconscience !

On ne peut pas rejeter la sexualité par devers soi, c'est évident ! De quelque manière qu'on la repousse, elle revient plus tenace ! Rejetée par la porte, elle revient par toutes les fenêtres à la fois !

En se coupant de son énergie, on finit dans le reniement, la culpabilisation, le désamour et la haine de soi.
Ma vie dans des organisations comme Ananda Marga, la fréquentation des monastères et des zouias m'a conforté dans l'idée que l'on ne peut vivre sainement dans le déni du sexe.

Chez Ananda Marga par exemple, organisation tantrique intéressante, nous devions nous serrer le crabe dans une bande de tissus fermement attachée ! Une pratique courante dans les écoles de Yoga et les monastères en Inde, notamment chez les sannyasins. Inutile de vous dire que cette castration m'a rebuté, même si la perception des énergies d'attraction mâle/femelle que nous dévoilait la pratique intensive du yoga était fort instructive !
- "Tu vois petit me disais mon mentor d'alors, les femmes sont des bombes hormonales, et ont une attractivité magnétique 70 fois plus puissante que la notre ! Nous sommes comme une tablette de beurre à coté de leur feu attracteur, on fond instantanément ! Quelle aliénation"!

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J'ai vécu au rythme de ce balancier contradictoire pendant de nombreuses années ! Comme quoi on s'acclimate !
Bien sur j'ai connu beaucoup d'autres choses et ma vie a été riche en aventures de tous ordres, et de rencontres et d'expériences spirituelles. Mais pendant longtemps je me suis résolu à gérer le balancier, à minimiser le débat intérieur, conjuguant vie sexuelle chaotique, conquêtes féminines, et vie spirituelle en séparant tantôt les deux par un mur étanche, tantôt les mêlant allègrement !

En les mêlant grâce au tantra ! Ah quelle bénédiction que cette Margo Anand ! Et ce divin Osho !

Pour une fois un Maître spirituel d'envergure tendait un pont entre les aspirants de mon genre et les hauts sommets de l'esprit. Un pont fait d'autres choses que d'injonctions morales et de préceptes édifiants, de culpabilisation et de défaites ! Là on avait des techniques précises, on reconnaissait notre polymorphie sexuelle, les émotions greffées sur la soupape de la cocote sexuelle dès l'enfance, la légitimité enfin de vivre à fond le problème pour le dépasser. Je devins un pratiquant des méditations, j'appris à cogner ma rage contre des édredons, et à renaitre au monde en glissant à quatre pattes sous la robe de ma thérapeute ! Fichtre ! Quelle époque ! J'appris à ritualiser la sexualité avec un environnement sacralisé, à partager des massages subtils, à retenir ma semence en surfant sur la crête mousseuse du plaisir.

Un soir mémorable de cet époque, j'entrais à pas de loup chez une amie étudiante en psycho, car il ne fallait pas éveiller ses parents. Là, dans le désordre de sa chambre de jeune gauchiste férue d'antipsychiatrie, nous nous sommes jetés dans des ébats furieux, mais conventionnels. Nous activions nos capteurs sensoriels mutuels, nous pourléchant comme des bètes, et j'allais laisser, après la sienne, exploser la grenade orgasmique de mon ventre quand je fus littéralement arraché à moi même et catapulté dans le cosmos !

L'explosion n'avait pas commencé au point habituel situé près du sacrum en suivant le canal court jusqu'à son embouchure éjaculatoire.Partie du même point elle avait grimpé tout le long de la colonne vertébrale, déployant une sorte de geyser de feu qui a finit par m'emporter dans une autre dimension.

Je me sentais à la fois décorporé, mais présent à mon corps qui semblait électrisé comme une puce électronique en surtension. Il grésillait littéralement. J'entendais de l'intérieur ce grésillement étrange. Je rentrais dans mon corps comme un dauphin, pour en ressortir en roulant des roulades dans l'océan boréal du monde. Je me dilatais en un clein d'oeil à la dimension d'une galaxie et me rétrécissais à ma guise à la portée d'un oeil de fourmi. J'étais poreux, fluide, ductile, caoutchouteux, sableux, souple, tout à la fois.

Ma copine fut décontenancé par mon indifférence et ma passivité. J'étais incapable la nuit durant de bouger. Ni ne supportais que l'on touche mon corps.

Les jours suivants j'étais encore grésillant. Mes amis tantriques fêtèrent ce qu'ils considéraient être l'éveil de ma kundalini !

J'avoue avoir trouvé dans cette expérience quelque chose de nouveau et de nourricier. Je ne parvins jamais à la renouveler à ce niveau. Et elle reste dans ma mémoire comme une vraie petite mort initiatique. Une introduction à la grande à venir.

Je cru bien en rester là, dans l'environnement ouaté de bien être des disciples d'Osho, mais c'était méconnaitre le destin. J'avais été piqué par le taon de l'évolution, et les figures de Mère, Sri Aurobindo et satprem réapparaissaient régulièrement dans ma conscience. Quoi ? Ainsi donc c'est ça que tu cherches mon garçon ? Un petit tour cosmique sur ta fusée sexuelle et le tour est joué ?

Je n'allais pas en rester là car l'Afrique allait me prendre à bras le corps !


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C'est l'Afrique tellurique, déhanchée et femelle qui m'a emporté dans sa danse matricielle. Impossible de rester sur la touche avec un glaçon dans la pantalon ! Quoi de plus naturel et bon que la sexualité ardente, primaire et généreuse telle qu'on la connait dans les pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest ? Dans certains villages du Sud de la Côte d'Ivoire dans lesquels je faisais des tournées pour une compagnie d'ananas (!), j'étais accueilli par le chef du village et les notables. On m'octroyait une maison de passage, et une jeune fille, parmi les belles du coin pour me rendre le séjour agréable ! Passé la première gène du néophyte, la confusion et la surprise, je me suis accoutumé à cette pratique en constatant que les filles rivalisaient jusqu'à se battre pour s'offrir une place dans mon lit !

Dans ce continent vital je fus invité à tous les extrêmes. J'y résistais d'abord car j'étais en Afrique pour lutter contre la pauvreté. Je résistais, mais ma résistance déchainait les imaginations de mes prétendantes. On me harcelait, s'introduisait dans ma chambre, poussait des roucoulements hormonés irrésistibles. Mes cablages éthiques finirent par céder et me je laissais vivre à l'africaine. Au fond, n'étais-je pas, par mon père marocain, un africain légitime ?

Je fréquentais assidument les bauges et les cabarets les plus populaires des nombreuses villes africaines. J'expérimentais les kamasoutras de l'humanité avec des copines généreuses et affriolées par le sexe. Je m'enfonçais avec elles dans les eaux les plus troubles. mais au lieu de me sentir coupable, je me sentais régénéré, revivifié, avec le sentiment de m'être débarrassé de cet esprit tortueux et coupable typiquement européen qui commençait à faire son nid de serpent malsain au coeur de mon esprit.

Là aussi, un moment est venu. J'ai compris que ce tourniquet charnel et vital pouvait m'entrainer vers quelque chose d'irrémédiable si je n'y mettais pas un terme. Un feu orange puis rouge a commencé à clignoter dans ma conscience. J'ai compris que la pente devenait glissante, et qu'en m'aventurant plus loin, j'allais être pris dans une boucle involutive et régressive. De celles dont on ne revient pas !

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Pour retrouver un axe spirituel en Afrique je n'avais pas beaucoup le choix. J'avais connu le vaudou togolais et béninois, et y avait vécu de belles expériences, mais là encore la charge sexuelle et tellurique était très forte. Je fus invité par un ami ghanéen magicien à créer avec lui un centre de prestations occultes au coeur du pays ashanti. Nous y développerions des activités rituelles pour les amis hauts placés de mon partenaire qui assurait déjà un suivi personnalisé à des ministres et des chefs d'états. Non décidément, je décidais de tourner le dos à la côte africaine et montait vers le Nord en mettant le cap vers les confréries soufies.

Quelques mois plus tard j'arrivais au Sénégal dans un des haut lieu du soufisme africain. J'y fut accueilli comme un invité de marque. J'espérais y trouver un havre de paix, de méditation et de prière. On m'offrit de loger dans le cercle familial du marabout, dans une chambre luxueuse, tandis que ces disciples, un bon millier, dormaient dans des cabanons ou des paillasses. Dès les premières nuits j'entendis des grattements à ma porte. De belles sénégalaises, dodues, pomponnées, aromatisées aux meilleurs parfums de France et membres de l'entourage direct du grand marabout, aspiraient à se glisser discrètement dans mon lit ! Les refuser eut été une offense ! Je passais mes journées à étudier les sentences spirituelles, à écouter mon marabout, à pratiquer les prières, à chanter le Coran. Mes nuits étaient vouées à la luxure irrésistible de mes voisines, dont les appétits trop longtemps retenus se régalaient de mes savoir-faire tantriques.

Après une année, je décidais d'aller en Mauritanie, vers le désert, les femmes voilées, le soufisme pur. J'y trouvais une vraie source spirituelle, mais ancienne, traditionnelle. De celle qui voile les femmes et cache les pervers pour le maintien de la paix sociale. Je ne trouvais pas là de réponse à mes questions mais un cadre rassurant et protecteur, avec une spiritualité bien corsetée et hiérarchisée. Bref, une concrétion du passé.

C'est en rentrant en France que j'allais prendre les choses par la racine. Et comprendre vraiment la question sexuelle.

Je me suis d'abord ré-accomodé avec le milieu du tantra. J'ai été à nouveau un ardent pratiquant de cette orientation, en la pimentant par des apports de rituels "rouges".

Ensuite j'ai étudié la question plus profondément, histoire de muscler mon argumentaire intellectuel. J'ai compris que les identités, à la faveur des récentes libertés acquises, se découvrent des appartenances sexuelles diverses. Le genre ne recouvre plus la différentiation traditionnelle des sexes, mais éclate en poly-sexualités paradoxales. C'est Alain Daniélou, l'indianiste shivaïte qui a éclairé ma lanterne, C'est aussi la lecture des anthropologues, des ethnologues et des théoriciennes féministes. Et mon vécu chez les touarègs, dans des villages peulh, chez les pêcheurs awana du Ghana, chez les marabouts du Sénégal, sans oublier la fréquentation des courtisanes mauresques, voilées et libertines.

Mais toutes ces idées m'ont surtout propulsé vers le libertinage ! J'ai découvert dans la mêlée des corps nus et des désirs affranchis une sorte de métaphore de l'état de nature, une extase sensorielle collective, au-delà du moi et du toi, dans le tout de nos sensations réunies ! Mieux encore, ces sabbats me permettaient de plonger dans notre communauté universelle organique, dans la langue primaire des caresses anonymes partagées unissant mâles et femelles dans l'unité primordiale et non-mentale du plaisir brut et pur.

Je me croyais alors affranchi. Quel leurre !


Suite à venir...