« Relevons nos manches : yallah ! | Page d'accueil | Le Projet Savitri »

09.04.2008

La grande cordée supramentale

Certains jours,
alors que tous les indicateurs du travail de conscience semblent positifs,
arrive, déboulant d'on ne sait où,
l'inexplicable Opercut du Contraire.

L'accident, la douleur, l'épine d'une mauvaise nouvelle...
le résultat terrible de l'examen médical.
La fatale blessure qui suspend notre vol.

La douche de fiel qui vrille le soleil du présent
en torsades insoutenables.

L'éclipse qui nous drape dans l'effroi sans mots.

Ce pouvoir de décolorer instantanément l'existence
et de nous jeter, en quelques secondes,
dans la fosse aux lions des angoisses
est prodigieux.

Il ne reste que le pouls accéléré et rien d'autre.

Plus on avance dans la Quête,
plus le pouvoir du Contraire se renforce.
Moins il prévient son annonce,
et plus il joue sur l'effet de surprise.

Que faire, quand on se retrouve dans son ventre, comme le pauvre Jonas ?
L'éviter ? impossible !
Il est consubstantiel à notre aventure.
A l'aventure de notre espèce, et de notre petite histoire.

On peut faire comme le veut l'usage.
On peut plonger la tête dans le sable.
Se replier sur ses fonctions vitales ou chercher un coupable.
Un bon coupable teigneux et torve.
Ou mettre ça sur le dos de la société et du système.

..........................

L'autre démarche est de s'ouvrir.
Et d'accueillir l'expérience pour la transformer.

S'ouvrir, en dépit de la fermeture et de la résistance
et du galop oppressant de toutes les émotions.
S'ouvrir en nageant dans l'autre sens.
Ouvrir la coquille intérieure.
Déplier les replis, détendre la contraction,
Lécher la plaie comme font les bètes.

Ouvrir inlassablement,
Et tenir dans la tempête, ployer, pleurer
mais tenir le cap, même lorsque la boussole
n'indique que la mort et le non sens.

Et avancer car c'est un chemin.
La tempête, la déflagration du présent
dans la douleur et l'angoisse,
sont un chemin à vivre.

En ouvrant les yeux nous réaliserons
que nous ne sommes pas seuls à cuire :
Les darfours, les maltraitances,
les tsunamis, les vieux grabataires encagés dans l'impuissance,
la course d'une mère et son enfant dans un champ miné...
Les abus et les cris, et les fureurs...
Les râles d'agonie du voisin de chambre.

On découvre alors l'autre versant.
La fraternité de ceux qui ont basculé...

Comme l'enfant jeté dans la léproserie nous ouvrirons les yeux
sur tous les nôtres.
On connaitra le panaris douloureux du monde,

On pourra sentir à vif la vivisection du réel.

.....................

On peut
ne pas s'arrêter là.

En allant encore plus loin,
en avançant un peu plus sur le chemin de braise,
on réalisera qu'il y a un passage.

On découvrira alors la ténébreuse lumière enfouie,
Lucifer oublié de nos mondes d'en haut.

Lumière luisante dans la nuit sans fond.

Et qui nous attend
pour faire un pas de plus vers la Remontée.

Des voix que nous reconnaitrons
nous inviterons alors à nous joindre
à la grande Cordée Supramentale.