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08.04.2008
Relevons nos manches : yallah !
A chaque tourmente boursière, à chaque affolement des cours du pétrole nous avons droit aux commentaires de tous ceux qui attendent, souhaitent, espèrent la fin des temps.
Une fin bien catastrophique, une grillade générale pour bien nous décoiffer, une sacrée panne du système généralisée. J'ai quelques amis qui m'en parlent avec une certaine jubilation. Certains même s'y préparent en se payant des stages pour apprendre à manger des racines.
Mais voilà, le fameux chambardement espéré, la grande purification générale, prélude à l'avènement d'un nouveau monde, ne cesse de poser des lapins, de faire des pieds de nez et de donner des faux-rendez-vous !
Chaque fois, effectivement, le moteur du système-monde, après des chuintements alarmistes, des grincements inquiétants, après avoir suscité la fausse espérance de sa panne finale, reprend non seulement son mouvement insolent, mais ce roublard repart même de plus belle !
En laissant consternés, épuisés, déçus, dépités, toutes les cassandres et tous les prédicateurs obscurantistes.
Chaque fois que je croise un de ces charmants énergumènes je m'attache à le rassurer, quand cela est possible !
Car c'est difficile, tant ils sont attachés à leur catastrophe !
Certains me demandent : pourquoi cette foi dans ce monde pollué, manipulé, injuste, scandaleux, ravagé de tous les maux possibles, infecté par la nuisance humaine, bref en complète perdition ?
D'abord elle me vient de la certitude qu'une intelligence en croissance grandit et se déploie dans la texture fondamentale de notre réalité. Et que cette intelligence, dont la notre n'est qu'une composante, a besoin du monde et travaille dans tous ses aspects : économiques, sociaux, spirituels, matériels, virtuels, temporels, biologiques, à des échelles à la fois massives, nanoscopiques, moléculaires, collectives et individuelles...
Pour transformer tous ces composants, les brasser et en faire ce beurre de matière transcendantale et consciente dont parle le Mahabharata...
Mais certainement pas, pour jeter le paquet dans la poubelle du temps, comme nous inclinent à le penser nos réflexes de consommateurs anxieux.
Ensuite je suis marqué par la force et la volonté extraordinaire d'engagement de Mère et Sri Aurobindo pour transformer ce réel. Lorsqu'on voit les vidéos des Darshan de Mère, debout sur son balcon, pugnace, puissante, on comprend que l'histoire de notre espèce n'est pas si anodine.
On imagine mal aujourd'hui ce qu'ont pu représenter leur ralliement au combat contre le nazisme, et cet intérêt constant qu'il portaient à l'actualité et la géopolitique mondiale, vues dans toutes leurs dimensions, visibles et invisibles. N'en excluant aucun aspect.
Tous ceux qui restent de grands inspirateurs ont porté cet amour immodéré du monde et des autres. Ils ont consacré leur vie à rappeler à leurs contemporains le chantier formidable de la transformation des coeurs et des consciences.
Depuis quelques années mon expérience croissante de l'intelligence qui nous entoure, ne me permet plus de donner une once de crédit à tous les tristes sires, aux colporteurs d'annonces de catastrophes, aux promoteurs des ruptures paranoïaques, aux fanatiques et aux conspirationnistes de tous bords.
Ce qui s'annonce, c'est la fin de leur vision dualiste, et la fin des certitudes, mais pas la fin du monde.
La divine bataille est ici et maintenant.
Dans le quotidien et tous les pores du réel,
dans notre respiration par laquelle l'univers entier se respire
dans ce sang qui pulse un rythme millénaire
et dans lequel rythme se devinent et s'annoncent
les nouvelles épiphanies en devenir.
J'ouvre mon coeur et mon être à toutes les difficultés,
j'épouse la matière en mettant mes deux mains dans sa ruche
Je vais au-devant des miens et de tous avec l'allant du possible
et la vigueur que me donne ce soleil qui grandit en dedans.
Jubilons d'être au cotés d'Arjuna dans cet extraordinaire Kurukshétra !
Et relevons les manches !
Avec ce beau Yallah ! que Soeur Emmanuelle déclamait au milieu des chiffonniers du Caire.
22:15 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note