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24.02.2008

Du jardinier intérieur

J'ai rapidement compris la corrélation extraordinaire
entre l'art de jardiner
et la croissance intérieure.

La quête du Grand sens passe aussi par le bon sens.

Le jardin est un livre de symboles vivants,
riche d'enseignements savoureux et implacables.

C'est aussi un passage vers notre avènement supramental.
Une porte enchantée qui guette depuis longtemps notre devenir.
Depuis les vieilles cueilleuses ancestrales qui nous ont transmis les secrets.

On ne précipite pas un jardin, on l'apprivoise, on le fait advenir
comme le sculpteur fait apparaitre la forme contenue dans la glaise.

On fait corps avec la terre, on l'intériorise avec ses caillasses et ses bosses.
On se moule contre son corps noueux. Mieux, on se l'incorpore.

Ses manques en nutriments essentiels
nous rappellent à nos vrais besoins.
En sels primordiaux et salvifiques.

Son excès d'argile nous prévient des émotions collagènes.
Celles qui nous embourbent dans des mêlées confuses et affamées.
Et nous collent aux pieds. Dans la vase confuse des sentiments accapareurs.

Son manque d'humus nous incite à emboucher la vie d'un baiser fervent.
A nous reconnaitre vivants dans la tignasse du temps.

On ne rejette plus nos déchets émotionnels sur les autres
mais on les intègre dans notre compostière.

Que l'on retourne de temps en temps pour en activer sainement les ferments.

On revient souvent planter la fourche dans le ventre humide
de la pourriture. On sent petit à petit advenir un fumet d'insectes
et de lombrics. Et l'on assiste médusé à l'avènement
d'une terre noiraude et utérine.
On hume sans dégout nos odorantes métamorphoses .

On étale son humus dans le jardin comme une promesse
à tous les ensemencements.
On entend les marées lunaires qui chuchotent dans les racines.
On brame même avec les cervidés qui se cabrent dans les solstices

On étoile à la main des semis.
On aimerait porter chaque graine sur notre dos, comme les fourmis.
On accompagne le semis des mantras salvateurs,
on invoque les grandes déesses fécondes,
nos originelles mères.

Puis on pousse avec les pousses
On accompagne les petits coups de reins des cotylédons.
On comprends que le temps les modèle dans la giration chlorophyllienne.
On comprends que le temps s'épouse lentement,
qu'il est maitre du dénouement et des commencements.
Et qu'il faut rouler avec lui dans ses anneaux opalescents.

On comprends que l'on ne peux pas économiser le temps.
Celui de l'enfance, des parents, des aîeux,
que l'on ne peux pas mépriser nos blessures.
Qu'il faut jardiner notre jardin d'enfance
et panser nos douleurs et nos saignements.
La pousse est lente avant la maturité.
Les orages, les grêles, les sècheresses
nous rappellent à nos terriennes rigueurs.

A suivre

La couvaison d'or

La couvaison d'or supramentale est faite du compost de notre histoire.
Les futures vigueurs naitront avec les jarrets terriens de notre espèce.

Il est temps d'y aller.
D'enfoncer la vrille de notre conscience dans la douleur millénaire
qui hante nos mémoires.
Non pas pour souffrir.
Cela ne servirait à rien d'autre que de nous conjoindre à l'infinie procession des victimes.
Mais y aller vaillant.
Pour guérir, pour aimer, pour prendre dans nos bras,
dans tous nos bras aimants, tous ceux qui sont emmurés dans la mort.
Dans la mort de notre oubli. De notre déni.

Guérir la Mort c'est d'abord ouvrir sa Bastille.
Et en libérer tous les prisonniers de notre aveuglement.

Car l'aspiration à la Lumière ne nous concerne pas seulement.
Vous, moi, nous.
Ce serait trop facile.
Il y a tous les autres, chairs de nos chairs.
Prisonniers derrière les barreaux de notre oubli.

Il m'est arrivé de rêver des camps de la mort.
Je tenais la main d'un vieil homme, éminent conférencier de la Société Théosophique.
Il savait, en montant dans le train,
que nous entrions dans la bouche de l'innommable.
J'y suis entré avec lui.
Il m'a dit alors : si tu survis petit, rappelle toi de nous !

Vivre dans le présent, c'est être dans la Présence.
De tous ceux, bannis, humiliés, déchirés,
éviscérés, violés les yeux ouverts,
qui nous abjurent de restaurer leur humanité.
De tenter l'assomption de notre humanité,
mais aussi de leur humanité,
vers un autre Possible.
Et de ne plus les laisser enfermés dans le sort inhumain
qui a dévoré leurs entrailles.

Car tous ces vivants d'alors et ces morts ne sont pas dans le passé.
Ils sont lovés dans le creux vertigineux du présent.
Et leur appel se reproduit, partout et continument dans nos mémoires et nos chairs.

Leur cris résonnent dans la chair à vif de tous les nôtres
qui crient dans tous les Darfour,
dans les autocars de Srebrenica,
dans la voix de Ilan Halimi,
et de tant d'autres qui n'ont pour épitaphe
que la chronique laconique du fait divers local.

Dans ma mémoire globale les souvenirs se confondent et se mêlent.
On ne peut se démêler de notre histoire qu'en se mêlant à elle.
En plongeant plus profond dans la Matrice insondable
qui a enfanté ce présent.

Il n'est pas anodin qu'aujourd'hui toutes les mémoires se rappellent à nous.
Il n'est pas anodin que toutes les victimes quittent leurs buchers,
leurs caveaux, leurs nuits, leur inexistence pour
s'inviter dans le noyau de notre fébrile présent.

Ils viennent en nous
pour porter dans le creuset
de notre commune paume ouverte,
dans la feuille nervurée de sang
de notre humble prière,
l'ultime mantra de braise et d'amour.

J'aime ainsi allumer certains soirs,
les lundis en particuliers,
une petite bougie.
Au nom de tous les vivants et tous les soi-disant morts.
Pour dire que nous continuons, pugnaces, formidables et fragiles,
à porter le flambeau du Vivant qui advient.

18.02.2008

Quelles pratiques ?

Comment actualiser cette expérience au jour le jour ?
Je ne vois pas d'autres options que celle de la pratique.
Oui mais quelle pratique ?

Voilà une question qui m'a occupé pendant des années !
D'accord, c'est déjà une pratique que de vivre avec cette question si longtemps !
Mais quand même...

Satprem nous a bien expliqué que le feu de l'aspiration est la clé.
Sri Aurobindo nous a transmis le corpus monumental du Yoga intégral.
Et Mère, à la barbe de tous les démons et de tous les sages,
a fait vibrer le mantra dans les cellules de la terre.
Et dans les nôtres.

Oui mais que faisons-nous avec tout cela ?
Quand nous ne vivons pas dans un Ashram ni dans des montagnes ?
Mais que nous nous trouvons démuni,
le cou étroitement enferré dans la mâchoire de la Matrice ?

Dans les embouteillages et la course des engagements et des rendez-vous ?
Dans la salle d'attente du dentiste ?
Dans l'attente de notre test HIV ?

Dans les diners de famille
parmi tous les nôtres qui restent étrangers notre question ?

Que faire quand on vit là, dans le moyeu de la Rugosité ?
Le coeur sensible et grand ouvert comme un oeil de faon ?
Comme un petit rouage vivant dans le gros broyeur du système ?

En voilà un défi !

Mais au fait ce système, ce broyeur, cette matrice...
Il est peut-être bien confortable de les voir comme un grand asile de fous,
Comme une méga-machine militaire et technologique,
hallucinée polluante et malade...

Et si...
Et si elle était en train de changer, subrepticement, l'air de rien...

Si la texture même du Réel changeait, là, sous nos yeux sans que nous nous en rendions compte ?
Obnubilés et conditionnés que nous sommes par les sagesses et les vieilles rigueurs.

Un autre monde pousse au coeur de notre habitude de voir et de sentir.

Un ensoleillement de la Réalité déroule ses spires rayonnantes.

L'Univers nous aspire tous dans une fantastique assomption de la Conscience.
Par tous les spores énergétiques de sa manifestation.
Nous aspire avec nos usines, nos pollutions, nos injustices, nos exploitations
dans une conversion accélérée de tout.

Mais pas pour reproduire encore des élus et des exclus !
Des sauvés et des fabricants de disciples.
Des guides et des égarés. Des anges et des infernaux.
On a suffisamment sacrifié à ce sinistre catalogue.

Nous aspirons à autre chose.
Entre autre, pour revenir au début du propos,
à cet ensoleillement conscient et activée de notre vie.
Une vie qui n'exclue plus. Qui ne damne personne.
Qui se reconnait en tous les autres.
Et voit en toutes choses l'avènement extraordinaire de la conscience en marche.

Alors pour donner assise, force et vie à cette vision dans la pratique et le quotidien,
nous avons humé les nuages de spores portés par les vents rieurs...

et avons décidé - nous ? qui ? -
d'ouvrir bien grandes les voiles de nos corps, de nos esprits, de nos aspirations...

Le corps en résonnance évolutive
En irriguant le cors-énergie du mantra d'évolution.
Et dans ce sens des mouvements spontanés viennent à jour
pour dire l'aube de la nouvelle conscience dans le corps.
Des mouvements à faire éclore au soleil dans une danse d'être et de conscience.

Chaque jour est un pas
Nous travaillons sur un agenda de vie qui enroule dans un même sens de croissance et de conscience la spirale des jours et des activités. Nous en démarrons la pratique active et intensive !

L'alimentation évolutive consciente
Alimentation vivante privilégiée, germée, activée, magnétisée, consciente...

C'est un début, sans oublier la lecture de Savitri...

Le reste est à venir !

Les yeux ouverts

Depuis quelques temps, quelque chose pointe en moi une nouvelle sensibilité.

Je ne parle pas d'esthétique, ni d'émotion.

C'est plûtot comme s'il m'advenait une truffe palpitante et vibratile.

De nouvelles impressions fortes se font jour et je deviens de plus en plus sensible
aux hormones mutagènes qui embaument le compost de notre sainte et ribaude réalité.

Le terreau de la matière, saturé de conscience, semble dégager un nouveau fumet.

A moins qu'il s'agisse de l'effet d'une fermentation.

Des enzymes - peut-on y voir l'oeuvre de mutance cellulaire de certains pionniers ? - ont lentement et subrepticement opéré leur mastication anaérobie.
Oeuvrant à l'ombre dans les soubassements de nos fumantes fondations.

Le Verbe fondamental des choses semble avoir été trituré.
Le treillis des mondes semble s'élargir à de nouvelles intégrations.
Mes rêves pulsent comme des roues cerclées de feu et embrasent mon quotidien de sens et d'urgence.

Poussé par cette énergie et ce feu j'ai décidé de laissé libre cours à mon expérience,
de ne plus en censurer la richesse et l'affirmation.

Une vision s'ouvre comme un coquillage.
Et tout m'interpelle comme des annonces, des pistes, des connivences.

De nouvelles ergonomies temporelles et spatiales se font jour.
Elle naissent à foison dans l'anonymat du réel.

Non pas dans les ashrams mais dans les esprits créatifs de jeunes ingénieurs et scientifiques
qui incurvent le champ du possible. ET l'innerve des fleurs fractales de leurs créations.

Je crois profondément à cet avènement des nouvelles plasticités conscientes qui se créent à travers nous.

Plasticités spatiales et temporelles,
ductilité et conductivité des nouveaux matériaux,
affranchissement des déterminismes physiques et biologiques.

Je vois là une étape majeure vers l'avènement de la plasticité physique supramentale.

Contraction des espaces et accélération du temps.
A-sexuation et homogénîsation des genres.
Sensibilisation croissante de nos environnements minéraux, végétaux, animaux.
Hyper-individualisation et personnalisation de la quête du sens,
Réseaux coopératifs et électifs désintéressés,
Conversions écologiques à grande échelle, au niveau industriel ou massivement comportemental...

Chaque guerre nous devient plus injuste et insupportable,.
Comme si le terrain des guerres avait pris pied dans la sensibilité élargie de nos êtres...

Il ne s'agit pas d'un autre monde qui tomberait comme un vol de colombes sur l'enfer de notre histoire.

C'est bien dans cette forge,
ici et maintenant, que se fait notre assomption de conscience assumée et de liberté conquise.
Et nous en sommes tous les divins matériaux.

17.02.2008

De Satprem ...

Satprem m'a touché dès l'adolescence.
Perdu dans ma cité populaire, tiraillé par les exigences de ma famille maghrébine, les oeuvres de Satprem étaient mes bréviaires de liberté.

Il a été un exceptionnel compagnon de tous mes voyages.

J'ai lu tous ces livres, depuis l'Orpailleur jusqu'aux derniers, quoiqu'avec plus de difficultés à la fin et je dirais pourquoi. J'ai écouté ses cassettes, vu les films avec bonheur.

Je lui dois des moments d'exception. Des moments de beauté, de radiance et d'affleurement de l'être psychique. Des moments de joie intense partagés en lisant la trilogie de Mère...

Il a habité mes nuits, mes douleurs, mes angoisses comme un exceptionnel frère de peine.

Et surtout je lui dois le bonheur de cet Agenda de Mère.
Une pièce unique dans l'archive des mondes, la chronique d'avenir de notre transformation.

Donc j'aime Satprem.
Mais un amour sincère et fraternel n'induit pas l'aveuglement.

Presque à mon corps défendant et parfois avec un certain malaise, j'ai toujours eu l'impression
que Satprem portait quelque choses d'extrême.
Une sorte de radicalité dans sa rébellion fondamentale.
Comme si sa révolte contre la Mécanique et le Système se transformait en révolte totale et absolue.
On sent cela sous-jacent dans l'agenda, ou l'on assiste parfois avec émotion aux petites rectifications, et parfois aux avertissements de Mère...
Et cet emballement extrême parait s'être accéléré les années qui ont suivi le départ de Mère.

Cela m'a posé des questions. Depuis des années. Jusqu'à ce rêve.


........

Un rêve intense sur Satprem a mobilisé ma nuit d'hier.

Une rencontre étonnante et lumineuse, dans un environnement rocheux et escarpé.
Nous cheminions ensemble en marchant et en sautant de rochers en rochers !
Satprem avait une grande cape noire et se déplaçait avec facilité. Ses yeux brillaient d'un éclat métallique très frappant.

Je ne sais plus de quoi nous parlions. Et ne conserve à l'esprit qu'une impression poignante gardée à mon réveil.

Que je peux résumer ainsi :

Satprem a incarné, de manière très intense et très particulière, de manière exceptionnellement authentique, la révolte fondamentale de l'être humain.

Révolte contre l'injustice, contre la douleur, contre l'hypocrisie, contre les maladies, contre la mort, bref contre le drame du destin humain.

Révolte de toute les révoltes, noyau irréductible et rebelle contre toutes les normes, contre toutes les lois, contre toutes les limites.

Mais une révolte si intense, si blessée, qu'elle peut même refuser l'Amour et la Lumière.
Et se tourner vers un nihilisme total, absolu et suicidaire.
On sait combien ce refus peut-être destructeur et dramatique.
Et qu'il peut présenter un risque même pour l'humanité.

J'ai eu l'impression de mieux comprendre pourquoi Mère avait donné le nom de Satprem à ce rebelle formidable, figure icônique et concentrée de toutes les rebellions douloureuses de la terre.

Et pourquoi elle l'a accueilli avec tant de miséricorde auprès d'elle, en reliant ce noeud poignant et presque nihiliste présent dans la conscience humaine pour le relier à la possibilité de la transformation.

En l'invitant avec son sourire et son amour vers la Possibilté évolutive.

Satprem a-t-il passé le cap ? Peu importe finalement, car sa personne n'est sans doute pas en question.
Et nous lui sommes tous redevable du meilleur qu'il nous a donné et transmis.

L'autre question est plûtot d'actualité : la révolte nihiliste et totale a pris un certain pouvoir avec cette capacité de nuisance des terrorismes. Des terrorismes nés dans la douleur et dans l'humiliation. Enfermés dans une haine de soi et de l'homme si radicale qu'elle peut même refuser tout salut et compromis dans un déni de tout.
Des nihilismes qui, quels que soient leurs noms, pourraient bien préférer la purification radicale, et de la disparition de notre espèce.

En auront-ils le pouvoir ? Leur capacité d'attraction par le sentiment victimaire est énorme.
Leur intelligence à fomenter du sens pour tout dénoncer, et voir du mal en tout est formidable.
Ils savent nous inciter au déni de l'autre en fabricant des coupables.
Des coupables du complot mondial, de toutes les trilatérales.
Ils sont experts à produire de la haine de soi avec les meilleures intentions.
De manière si fascinante et convaincante que nombre de gens y cèdent sans le réaliser.

Mère, bien en avance, travaillait déjà corps à corps, semble-t-il, avec cette force de rébellion nihiliste.
Elle œuvrait à la guérir.

Rejoignons là !

15.02.2008

Projet Savitri, quand tu nous tiens !

Ce qui avait d'abord été une aspiration
devient comme une activation de sens, communicative, jubilatoire !

Et nous voilà entrainés dans une merveilleuse histoire.
Une modeste, inédite et prodigieuse aventure d'être et de sens.

Après tant d'années à tourner et tourner encore le mantra dans nos nuits.

Pour réaliser enfin que l'aventure évolutive
ne nous demande pas d'être des martyrs.

Elle n'impose pas à chacun de devenir un petit Prométhée
sur son rocher de souffrance évolutive,
confronté aux abysses de la mort et de sa transformation.

La voie a été ouverte.
La Terre et le Ciel ne sont plus séparés !
Ils convergent dans le souffle de tous ceux qui aspirent.

Nous n'avons pas a assumer la révolte de la Terre.
La terre ne se révolte pas, elle se transforme.
Avec la puissance qui fait les nuits boréales,
et la patience qui pousse les nuages,
elle ne manque pas de ressources.

Et elle nous tient debout,
après nous avoir pétri dans sa poussière d'étoiles.
Nous sommes le coeur de son projet.
Elle garde, quoiqu'il nous semble, le cap assuré
vers cette assomption de la conscience.
Dans tous les pixels de sa réalité.

Le pouls évolutif qui bat en elle,
il pulse en nous forcément !

Il suffit de l'entendre.
D'écouter cette marée montante
dans le coquillage de notre être psychique.

Nous n'avons qu'à vivre consciemment,
à consacrer notre coeur et notre vie,
et faire notre petite part du grand ménage du monde,
pour participer au travail que fait déjà la terre par tous ses poresl.

Notre prise de conscience dès lors s'active naturellement
dans tous les dimensions jusqu'aux racines corporelles, cellulaires,
corpusculaires de notre réalité.

En ces points ou notre corporeïté/conscience s'ouvre en disant OUI.

Oui à la vrille consciente du temps qui accélère tout en chacun de nous.

Oui à la dilatation de cet espace physique,
dont la clôture éclate en diffractions multipliées,

Desserrant sous nos yeux l'étau de ses déterminismes...

Ouvrant, toutes grandes, les portes du Possible !

13.02.2008

Partir de ce que l'on est...

Ma question d'aujourd'hui a déroulé ses spires
tandis que je roulais en voiture sur les routes du Tarn.
Des routes toutes en rondeur qui nous promènent
entre les champs de tournesol.
Dans des champs à venir car en février les graines dorment encore.

Cette question qui me turlupine concerne nos petites batailles du quotidien,
nos petites et grandes chutes...
Et du courage qu'il faut pour se relever,
s'ébrouer et se relancer dans la mêlée évolutive.

Cette mêlée évolutive est définitivement notre lot. Elle nous colle au pieds.
Elle ne nous laisse que peu de répit. Elle nous empoigne par les tripes.
Elle nous tient dans la teneur du réel, dans la tenaille de sa mâchoire.

Elle nous tient par là ou elle a prise sur nous.
Par la tête, par la gorge, par le ventre, par le sexe, par la maladie,
par l'argent, par la famille, par les angoisses quotidiennes...

Par les queues impatientes à la poste.
Les bouchons interminables.
Les couloirs glauques du métro.
Le stress du compte en banque à provisionner sans délai.
La panne catastrophique.
Le rendez-vous au tribunal.
L'amende surprise et malvenue,
Le loyer en retard,
Le collègue tyrannique.
La compagne qui craque et vous met au pied du mur...
Bref tout ce harcèlement du Réel...

Cette piqure de taon qui se rappelle à nous, d'autant plus cuisante qu'on la repousse et qu'on la fuit.

Son venin a le piment du vivant.
Et l'aiguillon du présent.
Il n'y a pas d'autre issue que de rencontrer ce rustre Minotaure, et de le prendre par les cornes !

Car cette mêlée taurine a quelque chose de salubre.
Ses sabots colériques grattent un sol qui est notre monde.
Ses naseaux fumants soufflent un air de vérité indubitable !

Alors oui j'accueille cette mêlée furibonde, ces obstacles, ces rugosités qui rayent
l'email de mon bien-être !

Cette pression de la mêlée est évolutive.
C'est une bénédiction inconfortable à accueillir comme les nutriments de notre feu.
Un charbon bien terrestre et fumant pour alimenter notre locomotive intérieure.

Pas de repos petit, tant que tu n'as pas converti cette matière !
Tant que ces évènements accrocheurs, ces poils à gratter, ces coriaces harcèlements
ne sont pas compris comme étant le divin carburant.

Tant que cette pression nourricière n'est pas accueillie en prière, en offrande et en gratitude.

Alors oui je vais désormais dans la mêlée du monde, dans la mêlée de mes semblables
et de nos milliards de problèmes.
J'y vais comme un accélérateur de conscience, de particules et de temps.
Toutes ces misères et ces aspérités font tourner mon moulin à prière !
Ces contraintes, ces piqures, ces urgences alimentent le feu de ma conscience embrasée.

Je Te reconnais à présent. Je te veux avec plus de ferveur.

Je comprends que ce coït du Réel nous veut du bien.
Que sa concupiscence à nous coller au plus prêt est une manière d'amour.
Qui nous appelle à faire front, à prendre appui sur sa force pour nous mettre debout.
Et marcher sur ce chemin sans chemin.
Avec tous les hommes, tous les miens.


.......................

Ah ! Ce petit farfadet outrecuidant qui tire l'élastique de notre patience
lorsque nous faisons la queue dans la foule de nos semblables !
Qui éructe parfois, laissant échapper de nos bouches ahuries,
une bonne petite grossièreté grasse comme une mouche bleue !
Qui nous rappelle en somme qu'il faut être humain, bien humain,
et s'aimer comme tel, et s'aimer encore
avant d'aller plus loin.

......................

Alors petit à petit les choses apparaissent à leur place,
là ou elles devaient être depuis toujours.
Comme une fermière gironde, les bras posés sur les hanches,
bien plantée au milieu de sa basse-cour !
Non mais !

Alors la lumière luit autrement. Tout devient plus tranquille.
Le sol devient ferme au pieds.
Il sent bon l'humus.
Même nos catacombes tout en bas, commencent à laisser apparaitre un peu de verdure.
Alors on peut entendre un vrai son qui coure au loin comme un lapin de garenne.
Comme un vol d'oies brassant la lumière de leurs ailes accordées.
Un mantra vivant et solaire que les champs de tournesol se murmurent de fleurs à fleurs.
Un mantra qui dit : ça vient !

12.02.2008

Osons devenir !

Il y a quelques jours, par le biais des contacts suscités par le projet Savitri, je discutais avec P..., un breton sympathique.

Ces contacts sont intéressants car ils nous permettent de prendre le "tempo" de l'environnement concerné par cet appel du Projet Savitri.

P... est plutôt dans l'option "sadhana" du Yoga intégral de Sri Aurobindo et des entretiens de Mère. Il annonce plus de trente années de pratique...de lecture et de méditation.

Aussi notre surprise est grande, pour ne pas dire notre perplexité, quand parlant du départ de Satprem, il nous explique qu'un certain René Mey, a fort heureusement repris le flambeau dans la continuité de Sri Aurobindo, Mère et Satprem. Et qu'il est sans doute un de ces êtres du futur. Carrément un de ces surhommes annoncés par l'avènement du Supramental !

Je ne sais d'où il tient cette affirmation !
Mon propos n'est pas ici de faire la défense de quoi que ce soit. Ni d'invalider la spiritualité et la réalisation de cette "nouvelle" figure iconique qui draine les foules autour de ses enseignements et de ses miracles.

Mon propos est autre. Il est tout entier dans l'appel à une autre ouverture. Celle qui consiste à ne plus adorer, mais à devenir.

Car ils sont légions !

Les puissants mirobolants qui crachent des oeufs d'or.
Qui réalisent des tours de force en écrivant des centaines de poèmes par jour.
Qui subjuguent les foules de leur verbe lénifiant.
Qui jouent miraculeusement de tous les instruments.

Qui embuent momentanément le coeur d'un Amour aussi espéré qu'évanescent !

Trois clics sur le web et leur sourire vous harponne.
Prêt à vous rouler dans la chapelure de leurs mots.
A vous aligner dans les rangs de poissons pannés de leurs disciples tétanisés.

Ces personnages sont sans doute utiles dans l'économie occulte et spirituelle du monde. Et les belles âmes qui se prennent dans leurs filets finissent toujours par trouver des issues hors du labyrinthe de culpabilité et d'asservissement que savent si bien tisser ces divers thaumaturges. Ils en ressortent souvent rinçés, vidés, en se demandant comment ils ont pu être hypnotisés si longtemps.

Il est probable que pour certains chercheurs qui attendent de l'extérieur leur planche de salut, ces personnages puissent constituer des balises et des étapes.

L'ennui c'est que nous sommes loin d'une émancipation spirituelle, d'une liberté intérieure ouverte, inclusive, intégrative, qui fait appel à notre lucidité et à notre maturité intérieure. On est loin de cette responsabilité et de cette autonomie spirituelle dont on sent bien qu'elles sont au coeur d'une démarche évolutive.

J'ai toujours aimé chez Sri Aurobindo cette assomption du Sens en chacun, à travers l'évolution de notre être psychique. Et cette individuation gnostique qui advient dans la prodigieuse spirale de l'histoire universelle.

Avec, arrachée à la nuit et à la peur, notre liberté à conquérir.

A conquérir par chacun, certes.
A conquérir par notre espèce en s'arrachant à la glaise des atavismes et des déterminations.
A conquérir par les femmes, par les enfants, par les humbles et les exploités, par les handicapés, par les marginaux du sexe et de la vie, par les bannis et les rejetés.

A conquérir contre les inquisiteurs qui nous ont pendant des siècles traqués dans le goulot des ruelles.
A conquérir contre les négriers qui nous ont entassés dans les cales de leurs galions de mort.
A conquérir contre les intégristes de la morale et du scientisme.
A conquérir contre les ennemis de la lucidité et de l'intégrité de la personne.
Qui sous prétexte d'annihiler notre égo et notre mental nous
renvoient dans les limbes infantiles de l'obéissance et de la servilité.

Cette conquête émancipatrice pour la liberté et pour l'amour nous en portons tous le flambeau.
Elle reste d'une brulante actualité.
Elle reste un combat en chacun de nous contre les tentations de l'inertie et des lumières faciles.

Nous n'avons que faire des demi-dieux qui essaient de nous fasciner comme des proies pour nous entrainer dans leur mondes intermédiaires.

Nous n'avons pas traversé l'histoire, rampant laborieusement du ver de terre à l'hominitude, pour finir dans le sac d'un hypnotiseur d'âmes !

Nous leur préfèrons un éveil progressif, fait de fragilité et d'incertitude, mais aussi de la lumière acquise, intégrée, dense et modeste. Et d'un amour attentif au quotidien de soi, de l'autre et du monde.

C'est ainsi que j'apprécie ce travail tout exemplaire d'humilité de Mère.

Qui, bien que côtoyant tous les demi-dieux, et même les dieux tout court, se riait de leur morgue.

Et consacrait des jours et des jours d'entretien aux enfants, et des jours et des nuits intemporels dans la conscience inquiète et boréale des cellules.

Infusant dans le corps, entre deux soupirs douloureux, un nouvel inspir d'or et de confiance, pollinisant la fleur corpusculaire de nos cellules, et ouvrant, à tous, la Possibilité du monde à venir.

09.02.2008

Relier nos expériences

Depuis la parution de l'annonce dans le magazine Biocontact de ce mois, de nombreux coups de fil et courriers viennent ensoleiller nos journées.

C'est émouvant toutes ces voix, tous ces témoignages, ces joies de se dire et de se rencontrer, presque de se retrouver, autour de nos aspirations et de nos expériences.

Ce projet Savitri est comme un fil d'or qui nous relie à l'Expérience à travers le partage et la rencontre de nos vécus, de nos quêtes - qui ont toutes été marquées, peu ou prou, par celles de Mère, Sri Aurobindo et Satprem. Et par d'autres voies qui sont autant de richesse et de diversité dans la Voie évolutive.

J'aime à penser que l'Expérience évolutive se poursuit à travers nous tous, et en chacun de nous.

Que depuis l'ouverture de la Terre au Supramental et le travail de Mère dans les cellules de notre espèce, la Possibilité s'est infusée comme un levain dans la matière du monde.

Depuis lors le travail se fait naturellement partout, dans un cercle ou la circonférence est universelle et le centre en chacun de nous.

C'est je crois le cadeau extraordinaire qui nous été fait : être tous les acteurs de cet éveil qui bruisse de manière assourdissante autour de nous.

Porter tous ensemble ce pouls naissant qui bat au coeur du malstroem mondial.

Et dans ce monde éprouvant ou tout s'accélère de manière fantastique éprouver la vibration de cette petite note solaire : cela advient, ouvrons nos yeux !

Elle vibre dans la possibilité de vérité et de lumière de chaque seconde.

Elle tend entre nos coeurs l'arc en ciel de sa joie et de sa reconnaissance.

Elle relie en chacun de nous,
par le fil humble de notre quête,
le Ciel à la Terre, et la Terre à son Amour.

07.02.2008

le coeur à vif dans la braise du monde

L'expérience évolutive est si infusée dans le Réel
qu'elle se vit aussi bien dans les vastes macro-changements mondiaux
que dans la modestie et la moelle de nos combats quotidiens.

C'est pourquoi nos petites conquêtes humbles et têtues sur les réactions,
les plissures, les résistances et nos attentes illusoires sont précieuses.

Pour chacun et pour tous, car elles participent intensément au nouvel ordonnancement du monde.

Les difficultés sont nombreuses.
L'autonomie et la liberté ne sont pas acquis d'office, loin s'en faut.

Un lent rabotage d'expériences et de désillusions est souvent nécessaire.
Pour enlever toutes ces cuirasses et toutes ces pelures.
Pour dégonfler ces baudruches, ces projections, ces théâtres d'ombre
qui nous servent à cacher nos peurs.

Mais qui réapparaissent comme un traitre psoriasis
tant que le terrain n'est pas équilibré.

Il faut descendre dans nos marais reptiliens,
et réintégrer toutes nos humanités honteuses et bannies.
On évitera ainsi de s'imaginer dans la robe immaculée des purs...

Il faudra emboiter le pas du petit poucet et retrouver le chemin des contes.
Et re-fréquenter les forêts ombreuses de nos enfances,
pour déminer ces noyaux primaires et douloureux qui ont vrillé notre relation à l'Amour.

En nous laissant le coeur à vif dans la braise du monde.

Et qui nous inscrivent dans la quête anxieuse, addictive et tourmentée des compensations.
Et qui nous poussent vers les autres pour l'ivresse d'une relation immanente...et illusoire.
Et qui nous enkystent dans un noyau mâle et fébrile de pouvoir et de sécurité.

Et qui piègent nos mots, notre langage et donc nos relations avec des tics parasites et des mines explosives.
Des tiques qu'il faut presque retirer un à un, en prenant garde à ne pas laisser la tête à l'intérieur !

Et il en est ainsi de cercles en cercles sur la spirale...de la maturation.
Comme un ouvrage de tricot dont il faut enfiler toute les mailles.

Car il s'agit d'une maturation lente, biologique, naturelle, modeste,
et non pas d'états intérieurs exaltés et provisoires !

C'est une décantation artisanale.
Un miel butiné dans les alvéoles du quotidien.

Chacun doit faire son vin dans son propre tonneau.
En épousant l'intériorité du temps.
Le temps qui bonifie et patine.
Celui qui fait luire la matière de son éclat intérieur.

C'est un chemin sur la voie de l'incertitude et de la vulnérabilité.
Les gloires illusoires, les puissances fascinantes, les lumières flashies des néons spirituels ne sont plus pour nous. Nous savons qu'elles nous attirent pour brûler notre discernement.
Et nous dépouiller de notre bon sens.
Pour pour nous transformer en zombis de nous-mêmes et en disciples de leur expérience.

Nous avons donné, merci. Nous avons perdu ce qu'il y avait à perdre.
Il nous reste ce qui reste quand nous avons tout perdu.
Il nous reste ce qui doit rester au pèlerin en chemin.

C'est un chemin humble et fragile de Force et de Lumière.
Qui s'éclaire de la simplicité logique et naturelle de l'Evidence.

Et qui voit, enfin, par l'évidement des choses,
dans la chréode du temps qui pulse depuis la nuit des mondes,
l'extraordinairement ébrouement de la Conscience en marche,
en soi, en l'autre, en tous, partout.

Sans rien exclure de Son Amour.

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