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01.01.2008
Une vision
Je rentrais de Madagascar dans un avion de ligne de la compagnie nationale de ce beau pays.
Tout imprégné encore de cette terre tellurique et première, ancienne portion du continent disparu Gondwana, je m'en retournais en France, au retour d'une mission de consultant qui m'avait fait connaitre les forêts primaires et leurs habitants.
Comme souvent j'occupais activement mon temps d'immobilité aérienne avec le mantra de Mère. J'aime porter la radiance de ce mantra partout, dans les endroits les plus incongrus. Le murmurer et le scander dans cet avion, si haut dans l'atmosphère, me donnait l'impression d'approcher plus près, plus proche...de cette pulsation évolutive qui bat le rythme de nos coeurs et irise de pulsations multicolores les électro-encéphalogrammes...
Comme souvent en avion, je m'imaginais ce qu'auraient pensé les yogis il y a un millénaire, en nous voyant dans ce salon aérien...Je leur rends chaque fois hommage, comme aux humanistes, aux pionniers de notre évolution collective, à tous ceux qui ont fait reculer les frontières de nos limitations et de nos préjugés. Ces hommages en haute altitude me semble être particuliers et j'y consacre un toujours un moment important du vol.
Mais cette nuit là, car le voyage dure onze heures et donc toute la nuit, les choses ont pris un tour inhabituel.
Un rideau est comme tombé. Et une vision s'est imposée à mon regard intérieur. J'ai vu face à moi, en hauteur, Sri Aurobindo et Mère, assis côte à côte. Pas une vision lointaine, mais une vision de présence, là, tout près. J'ai été saisi par une émotion, par la vision bien sur, mais surtout par les informations rapides qui pénétraient ma conscience : il est temps ! Il faut agir, petit ! Il est temps !
J'inclinais ma tête en expression d'hommage, avec l'impression de la poser à leurs pieds, sur un édredon de pétales de roses de bien-être et de plénitude.
Je ressentais si vivement leur présence que je me mis rapidement à pleurer. Et à pleurer longtemps avec une série d'impressions vives et rapides : le travail a été fait, nous avons tout consacré, il faut continuer, consacre ta vie, rejoins-nous...la transformation est en cours partout, nous l'avons accéléré et y travaillons encore, mais vous devez aussi activer le travail avec nous, il est temps, il faut agir petit ! Dans le même temps j'avais l'impression qu'ils étaient tout proche, dans un physique subtil presque mitoyen à notre réalité, l'infusant de sa présence et des champs de forces et de formes du monde à venir.
Lorsque tout cela s'estompa, après une trentaine de minutes d'émotion et de vision, de larmes, de surrender, d'offrandes, de décisions, je me retrouvais dans l'atmostphère confinée de l'avion. Avec dans le coeur, l'engagement décisif pour agir et m'activer dans l'accélération des processus de transformation.
C'est dans cette expérience que prend sa source le Projet Savitri.
Je n'ai pas un tempérament à me nourrir de visions, et je considère cette dernière comme un contact avec une des nombreuses émanations spirituelles de Sri Aurobindo et Mère. Elle s'est ensuite répétée à trois reprises, avec ce sentiment si intense de présence et d'urgence.
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