05.04.2009
Le dessein
Je pense parfois à tous ceux qui évoquent l'obscurantisme du temps présent,
et qui n'ont de cesse d'invoquer les forces qu'ils redoutent.
Ils sont si nombreux à faire tourner le moulin à prière des peurs collectives.
A ne pas entendre, au fond du coquillage, la rumeur, ou plutôt la clameur de la Haute Mer !
Celle qui de siècles en siècles nous a appris à marcher,
et qui a fait flamber nos regards avec de la poussière d'étoiles.
Comment ne pas reconnaître en chacun de nous ce minerai
qui a lentement cuit dans l'athanor de l'histoire,
qui a subi toutes les macérations et toutes les souffrances,
et toutes les prières et toutes les victoires.
Cet Or en partage a cumulé des milliers d'années de polissage et de méditation, de quête et d'aspiration.
Il continue à brûler en chacun de nous et nous le portons tous pour le faire grandir.
Quels que soient nos statuts et nos importances,
il luit de la même lumière chez le plus humble et chez le plus indigne.
Un tel dessein qui a traversé des milliards d'années
pour éclore dans le regard de chaque enfant naissant,
pour s'enrichir de chacun des milliards d'instants singuliers
que nous émettons comme d'étranges chants de baleine
dans la nuit stellaire,
Un tel dessein serait donc réductible à nos peurs ?
01:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.03.2009
Au programme ! Les mouvements conscients.
Nous travaillons sur un axe important : l'éclosion et l'inspiration des mouvements conscients.
J'ai pratiqué assidûment le Taï'chi il y a quelques années.
Également le Hatha Yoga, jusqu'à l'enseigner à Abidjan..
Comme pour le bouddhisme tibétain, j'ai toujours éprouvé un certain inconfort à me mouler à ces formulations traditionnelles.
Nous n'avons ni les corps, ni la géométrie, ni la psychologie des chinois ou des indiens. Il suffit de se balader dans les ghats de Bénarès pour saisir la différence d'élasticité des "gymnosophistes", selon le beau nom que les grecs donnaient aux yogis !
Et puis le bestiaire chinois - faire la grue ou le singe - ne me parait plus d'actualité, même si j'apprécie toujours la qualité des enseignements du TaiChi et du Qiqong. Mais je les apprécie dans leur contexte.
Et surtout j'éprouve quelque difficulté à une certaine neutralité tonale, à cette canalisation énergétique sans âme et sans émotion, qui performe par le lissé, le fluide, la densité. Mais dans une certaine vacuité énergétique qui n'a jamais rassasié mon aspiration d'âme. Les visages s'évanouissent dans le mouvement qui devient le mouvement de vie. Le vol d'oie, le nuage laconique, le haïku. Il me manque les visages flamboyants des icones, les échanges des regards, la fièvre de l'aspiration et de la prière, l'adéquation des mouvements et des postures avec l'intention de feu qui les porte.
J'ai gardé depuis lors la certitude que nous pouvions produire des mouvements conscients, en étant à l'écoute des résonances archétypales et de la spontanéité du corps-conscience. En écoutant l'être et le coeur, et l'aspiration expressive du corps. Ni les mouvements de Gurdjief, ni ceux de Steiner ou de Castaneda n'ont pour moi le type de la résonance recherchée. Ils ont quelque chose de trop cérébral ou trop postural.
Je veux pouvoir dire, avec mon corps/énergie et toute mon âme, un profond hommage à l'univers et à la Conscience créatrice. Et offrir ce que je suis, ce que j'ai été, ce que je pourrai être au service de l'évolution de la Conscience et de l'Amour. Mais le dire avec des expressions conscientes d'aujourd'hui, avec des intentionnalités claires et des mouvements qui ouvrent l'être et le coeur, en associant le corps, les cellules les champs énergétiques et corpusculaires qui le constitue à l'aspiration intégrale à la transformation.
Pour cela nous travaillons à décliner une série posturale en mouvement conscient qui déclinent 12 stations, comme autant d'expressions graduées et émouvantes de mouvements de l'être. Oeuvre merveilleuse qui consiste à retrouver dans des mouvements spontanés, dans la mémoire symbolique du corps, dans les glyphes énergétiques qui répondent, de retrouver des figures improvisées en lesquelles se profilent d'échos en échos l'Egypte, l'art des mudras, les expressions orantes occidentales, les tarots, les lettres arabes et kabalistiques, mais aussi des expressions posturales issues des danses rituelles les plus expressives. Sans oublier le mantra de l'évolution.
Nous avançons bien sur cette formulation qui constituera, avec d'autres éléments, un outil important pour répondre à notre objectif majeur : faire du quotidien un moteur de notre évolution intérieure.
En associant le corps, l'énergie, la conscience, l'être et le coeur, il constituera l'assise indispensable à notre pratique intégrale évolutive. Une composante indispensable à cet Institut qui advient.
00:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.03.2009
La commutation
Voici quelques infos de ce qui semble bien une nouvelle étape décisive.
Notre établissement ariégeois, au pieds des montagnes, nous a permis de clarifier nos perspectives.
L'Afrique s'est imposée avec les actions au Burkina Faso, et leur intégration dans une perspective de développement intégral.
Et un bourgeon d'Aurovillage en pleine pousse.
Une autre perspective se dessine vers le Maroc avec un centre écologique et culturel...et là aussi une possibilité d'Aurovillage.
Pour ce qui est du projet d'établissement en France, nous avons éprouvé toutes les hypothèses, toutes les inspirations.
Nous allons faire retour dans le Tarn, mais cette fois-ci dans l'immense site industriel du Rey, ou nous disposons d'une bonne logistique opérationnelle. Nous pourrons ainsi nous concentrer plus fortement sur l'ouverture évolutive dans un environnement intensif de pratiques et d'actions.
Et poserons les bases d'un Institut Savitri pour un Développement Intégral. Pas pour en faire un Nième Institut qui brasse du vent. Mais avec pour objectif d'en faire un capteur créatif et intensif pour engager son action en France et en Afrique.
Nous aménageons pour ce faire un vaste loft, qui sera prêt cet été, et qui comprendra une petite salle de conférence, et un espace réservé au travail de méditation/activation.
Cet établissement dans un gigantesque site industriel post-moderne en cours de réhabilitation est assez humoristique au regard de notre mouvement initial vers un site écologiquement vierge en Ariège...
Comme si devions être au coeur de la forge, dans l'antre de vulcain, et battre l'enclume de la transformation opératoire !
L'Institut en France aura là son siège, et il aura son autre siège en Afrique...encore une forge et un chantier !
Nous ne renonçons pas au site d'activation évolutive et ses jardins-compagnons en pleine campagne...Mais la vie procède par ellipses et nous ne sommes pas déstabilisés à épouser son mouvement, au contraire. Nous apprécions cette guidance aléatoire et sinusoïdale !
Priorité donc à la création de cet Institut. C'est sera dans ce cocon de chenille, avec son travail, ses productions, la pratique intensive qui le fondera, et son Réseau d'amis que nous construirons la base du futur Aurovillage français.
Tous les Amis qui veulent participer à cette nouvelle étape sont les bienvenus !
Le site internet du Projet Savitri va être désactivé. Celui de l'Institut va prendre sa suite avec une adresse que nous communiquerons ici.
Ce blog va être arrêté, vidé, pour lancer Savitri 3 !
Comme disait Soeur Emmanuelle, Yalla !
10:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.01.2009
Les audios de l'Agenda de Mère en ligne !
Un cadeau incommensurable !
On les trouve ici, téléchargeables, originaux et complets !
http://agenda.fromzel.com/
L'Agenda texte, lui aussi, intégral, se trouve ici : http://mother-agenda.narod.ru/
On ne peut que remercier les auteurs de ces forfaits transcendantaux !
14:39 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2009
La lumière s'affute : vers Projet Savitri III
Comme tout un chacun j’ai plusieurs origines.
Mes documents d’identité signent mes ascendances biologiques et sociologiques. Ils inscrivent mon histoire dans celle de l’immigration maghrébine et espagnole, dans la France ouvrière des années 1960. J’ai connu les quartiers insalubres, puis les cités avec leurs habitats en barre. J’ai partagé les jurons, les codes d’honneur, la débrouille, tout en redoutant les rêves de retour au bled de mes parents.
Rapidement cependant mon histoire sociologique a déraillé. Un invisible cheminot a déporté mon wagon sur une autre ligne. J’ai compris rapidement que j’avais quitté le train familial et celui des mes copains de quartier.
J’ai été saisi précocement par la fièvre des grandes questions. Ces dernières m’ont habité sans relâche. Elles m’ont jeté dans des lectures affamées, dans les bras de tous les philosophes à ma portée. Puis elles m’ont orienté vers les grands spirituels. A 17 ans je découvrais les collections de Jean Herbert, l’hindouisme, Satprem, Sri Aurobindo, Mère.
A 20 ans je suis parti en Inde, à Jérusalem, en Egypte. Puis la rencontre de Pierre Rabhi m’a poussé vers l’Afrique. J’ai depuis lors cumulé 25 ans de cette Afrique matricielle.
L’autre chemin
Aujourd’hui il me semble qu’un cycle est terminé. J’arrive au bout d’un chemin qui m’a porté vers des extases et des abîmes. J’ai connu les confréries soufies, les ashrams, les intégristes djihadistes, les associations humanitaires, les engagements divers, les bidonvilles et les palaces.
Lorsque je suis parti en voyage dans ma vingtaine, ce n’était pas pour voir le monde ou le changer, mais pour vivre la rugosité de son expérience. Pour rencontrer face à face la vie insécure, et parier chaque jour sur la possibilité du lendemain. J’ai croisé des porteurs de sens modestes, et des illuminés experts en marketing. J’ai pu faire une sieste rédemptrice au pied de la pyramide de Guizeh, et traverser les lignes de force du temple de karnac. Ainsi faisant, je n’ai pas détendu l’arc des questions. J’en ai fais ma respiration.
En rentrant en Europe, après 15 années d'absence, j'ai pris en plein coeur l'opercut de l'âpreté sociale. J'ai connu les difficultés d'une vie à refaire en repartant de zéro. Ce qui ne m'a pas empêché, rompu de dettes et tenu solidement en éveil par la tenaille de la précarité, mais aidé par des amis de coeur, de construire les bases d'une vision en action.
Si tu cherches Dieu disait quelqu'un, jette tes papiers, tes cartes de crédit, donne tout ce que tu as, et va ainsi, tu peux être sûr alors de le rencontrer !
Aujourd’hui je participe autrement au monde. Il résonne tout entier dans le coquillage de mon corps/conscience. Ma vision est à la fois plus unitive et plus diffractée, plus intégrative et plus extériorisée.
Nous avons chacun notre heure. C’est ce sentiment qui m’habite. Car je n’ai plus le choix que le Choix qui a grandi en moi et qui tient à présent les rênes. Le choix de la conscience et de la transformation.
Une manière dynamique et active de dire l’Amour en action ?
Il y a sans doute un moment dans une vie ou ce qu'on a labouré et semé durement, en pesant de tout son corps et de toute son âme sur la charrue des questions et du sens, finit par porter ses fruits ?
La braise intérieure commencerait-elle à flamber ?
Comme dans le sahel désertique, une pluie soudaine et unique peut faire germer des milliards de graines. Les dunes chauves et sableuses deviennent des collines verdoyantes colorées de papillons.
Il est temps, petit, me souffle le Daemon, le grand frère là-haut sur son nuage, qui m'observe depuis son Google-earth transcendantal.
Bon, ok, on y va ? Ce serait donc la troisième étape du projet Savitri ?
De quoi sera-t-elle faite ? De cette flambée sans doute, et de tous ses feux contagieux à partager forcément !
23:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.01.2009
Audio Savitri
La lecture de Savitri à haute voix est si éditfiante ! Le texte dit, lu, relu, écouté, ré-écouté... on est transporté !
Quelle source extraordinaire d'inspiration !
Je m'efforce de retravailler ces audios pour mon propre usage. Comme un outil de méditation active. Je les dépose pour ceux qui seraient intéressés !
Quelques maladresses dans ma lecture des longs phrasés de Sri Aurobindo...
Cette lecture est celle de la traduction de Lafont.
J'effectuerai également, en parallèle, la version de Satprem.

20:51 Publié dans Audio Savitri | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2009
L'assentiment des choses
Un matin, il y a peu, je me décidai de sortir faire un tour, une promenade de méditation à pieds dans les environs de mon quartier. Il faisait frais, mais le soleil pointait, et je me réjouissais d'aller à sa rencontre. En quittant ma maison et en commençant à arpenter les lieux je me faisais la réflexion suivante : il serait bien d'identifier un lieu d'énergie dans les environs pour y aller méditer, se ressourcer...
A peine au bout de ma rue je croise un vieux monsieur. Il me salue et je réponds à son bonjour en lui serrant la main, ce qui semble le surprendre positivement puisqu'il engage aussitôt la conversation... Du haut de ses soixante dix huit ans il me narre à grands traits son passé de patron d'une moyenne entreprise. Il me parle du séjour qu'il effectue auprès de sa petite fille, et de ses arrières petits enfants... De sa venue du Gers, avant-hier, et du temps qu'il fait. La conversation s'engage si bien que nous décidons de faire quelques pas ensemble.
Il me raconte avec entrain ses souvenirs de guerre, les années de prospérité économique qu'il a connu dans sa vie professionnelle, son enfance dans une France rurale disparue, et sa difficulté à dormir en paix. "J'ai du mal à dormir à cause de ce monde d'injustice, je vois devant moi tous ces enfants qui meurent, ces violences partout, cette pauvreté qui ne devrait plus être...c'est affreux !"
Je me demande tout en l'écoutant, ce que cette rencontre peut bien signifier, et pour lui et pour moi quand le le bonhomme m'explique qu'il est radiesthésiste et qu'il vient également participer à une réunion régionale.
Nous discutons alors avec un plaisir redoublé de sa passion pour les énergies ! C'est donc ça ! me sussurai-je en aparté...
Tandis que nous traversons la rue il me désigne deux beaux platanes et me propose de nous recharger en énergie ! Il m'explique comment faire en quelques mots et gestes et nous voilà tous les deux, au bord de la route, chacun accolé à son arbre et face au soleil. Sans souci des voitures qui nous croisent et des voisins qui nous toisent.
Contents de ce moment et de cette complicité partagée, nous nous quittons aussi naturellement que nous nous sommes rencontrés. "La famille risque de se demander ou je suis passé ! A mon âge, et avec mes idées, vous comprendrez qu'il s'inquiètent un peu !" Au bout de quelques pas il se retourne : "je vous ferai communiquer l'adresse d'un confrère des environs qui vous signalera des lieux énergétiques intéressants !"
17:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'Institut Savitri va voir le jour
Institut Savitri, pratiques et outils pour un développement intégral
Nous entrons, à une vitesse accélérée, dans un monde nouveau, inédit et incertain. De profonds bouleversements travaillent les fondements de notre histoire, de notre relation à l’espace, au temps, au corps, à la parenté, à la mort. Dans l’environnement mondialisé qui se fait jour et dont les questions urgentes n’épargnent plus aucune culture, aucune société, aucune organisation et aucune personne, nous pouvons subir et attendre de l’extérieur les mots rassurants et les secours. Mais nous pouvons aussi choisir de devenir des acteurs de cette mutation en cours. Pour la comprendre, pour l’intégrer, pour en épouser le mouvement créateur de l’intérieur, il faut d’abord essayer de discerner les dynamiques qui la travaille et entrer dans l’intelligence du processus. Lequel, consentants ou non, nous emporte tous dans la mer déchaînée de son énergie.
L’Institut Savitri a pour vocation de promouvoir une approche intégrale et évolutive, à la fois théorique et pratique, qui permet de devenir acteur de sens de ce changement.
16:53 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.01.2009
L'appel du Maroc ?
Des questions familiales importantes me rappellent ces jours-ci au Maroc.
Vers le Souss berbère de mon père, vers les sources soufies d'une ancienne histoire. Il y aurait, dans le bled profond des terres vis à vis desquelles j'aurai quelques droits. Et une mémoire à assumer. Et un héritage intérieur à honorer.
Quelque chose m'appelle vers ce Maroc intérieur, multiple, ardent et solaire.
Serait-il possible de réaliser là-bas un centre autour de cette convergence inter-culturelle et inter-spirituelle qui nous est si chère ??
Ce sont aussi les terres de l'arganier.
Peut-être une possibilité de mettre dans l'histoire un petit moteur économique écologique et équitable ?
Et une dynamique d'accueil solidaire autour du patrimoine berbère, judéo-berbère, soufi et une ouverture sur l'héritage almoravide ?
Une piste pour un aurovillage ?
Quel bonheur de ne pas savoir !
Et de pouvoir se rapprocher aussi près du volcan vertigineux de l'incertitude créatrice !
.............................
Mère savait capter l'essence spirituelle des fleurs.
Celle-ci, Euphorbia Milii, de la famille des euphorbes, qu'on appelle aussi l'épine du Christ est identifiée par Mère comme l'expression de la Concentration.

It is well known that the value of a man is in proportion to his capacity of concentrated attention; the greater the concentration the more exceptional is the result, to the extent that a perfect and unfailing concentrated attention sets the stamp of genius on what is produced.
Concentration is a state one must be in continually, whatever the outer activity. By concentration I mean that all the energy, all the will, all the aspiration must be turned only towards the Divine and His integral realisation in our consciousness.
The Mother
23:12 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.01.2009
La Possibilité
La Possibilité inouïe de vivre dans ce terrible univers, et de contribuer par nos êtres, nos actes, nos aspirations à la spirale évolutive vers plus de Conscience... se heurte trop souvent et très concrètement au scepticisme bourru de notre environnement.
Ce vieil héritage pugnace de la réalité désenchantée a encore un fort pouvoir corrosif et persuasif, aguerri par des siècles de résistance à la famine, aux maladies et aux épreuves...
Il nous tient tête, mains aux bretelles, tel un Monsieur Grandet bien goguenard, avec le ricanement ancestral de celui qui a vendu son âme pour des greniers sécures.
Tandis que nos chansons de barde nous laissent affamés face à l'hiver qui vient. Et si les règles du jeu avaient changé ?
Et si le problème était le manque fondamental de confiance en notre pouvoir réalisateur ?
Je n'entends pas par là les techniques pavloviennes d'auto-persuasion, ou l'usage de placebos psychologiques, mais plutôt notre aptitude et notre sentiment d'active co-participation au Projet de l'Univers ?
Un de nos chantiers immédiat est d'approfondir cette compréhension intime, et de l'activer plus encore,
D'alimenter dans l'âtre intérieur la flambée de ce "Oui" qui rythme et brûle dans les dernières pages de l'Ulysse de Joyce.
01:02 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le feuilleté
Le feuilleté
Je broute lentement le pré de textes, tantôt attiré par un bouquet anthologique de renoncules sauvages, un bosquet de fleurs-concepts à mâcher, ou une patrouille bibliographique de coquelicots.
Avec un rythme sûr de camélidé je grimpe les dunes ensablées de l'histoire.
Petit à petit la vision apparaît. D'abord intuitive et floue comme un mirage.
Puis soudain, comme un mousse excité sur le mât d'une carène de flibuste, je crois voir la terre à l'horizon !
Mais il faut veiller encore près du feu des textes.
Enfin le jour arrive. Soudain je me sens capable de circuler dans les ruelles de Cordoue, de flâner dans les souks, d'aller à la mosquée.
Me voilà donc à la cour du Calife, à discuter avec les rabbins et les cadis. Je fréquente les zaouias soufis, rencontre les généraux syriens qui s'en reviennent du front Nord... Me voici dans les tavernes à croquer des galettes fourrées aux sardines, ou à trotter sur un âne pour aller visiter nos champs avec des compagnons. Je devise dans les bains, découvre les prouesses des nouvelles courtisanes franques ...Parfois je me rends au port d'Alméria rencontrer les marins pisans et vénitiens, les marchands grecs et les éthiopiennes dont on dit de si étranges choses.
D'où vient cette familiarité avec les orients d'Espagne ?
Je suis persuadé que la mémoire vivante de la réalité perdure, et que nous évoluons dans un feuilleté de réalités multiples et concomitantes.
Ce qui est advenu peut-il ne plus exister ?
01:00 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.01.2009
Aurovillages : avec le Burkina Faso, le Maroc ?
Tandis que nous grimpions un petit chemin de montagne dans la région de Foix, l'idée-force des Aurovillages a pris un peu plus de densité.
Depuis quelques années le Maroc nous trotte dans le coeur.
Pourquoi ne pas faire éclore cette idée là-bas également ?
Dans la région de Fez ? Y ancrer, dans un lieu universaliste de poly-activités écologiques, économiques et inter-culturelles/inter-spirituelles (centre ressource, artisanat, produits bio-équitables, publications, accueil, séjours...), associant un village local, ce que la culture universelle arobo-andalouse a eu de plus universel et de plus ouvert ? En soutenant ce que, à rebours de la régression djihadiste, la culture arabe, berbère, islamique peut avoir comme ouverture vers le futur ?
Comme l'Afrique noire, le monde musulman est relégué sur les marges d'une post-modernité. Mais à la différence de l'Afrique noire (mais pour encore combien de temps ?) le monde arabe vit souvent cette relégation dans le ressentiment.
Pourtant les ressorts d'une post-modernité sont actifs et vivants au coeur des sociétés musulmanes. Au coeur même de ses cultures vivantes, comme de ses fondements religieux et mystiques. Des figures magnanimes comme l'Emir Abdelkader témoignent de ce potentiel d'ouverture et de fraternité universaliste. Des chercheurs contemporains rouvrent les portes de l'ijtihad, et mettent à jour les sources vives de liberté prophétique occultées par les corpus sourcilleux des docteurs de la loi. L'histoire d'Al andalus et de la méditerrannée est fertile en passerelles, en témoins, en récits d'ouverture et d'universalisme.
Un Aurovillage au Maroc aurait cette vocation d'ouvrir cette possibilité pour le futur. Avec l'extraordinaire culture d'hospitalité, d'art de vivre, d'ouverture et de spiritualité inhérents à ce pays, gageons que cette idée peut trouver là-bas un merveilleux terrain d'expression.
Toutes ces années de travail sur la culture arabo-andalouse, et la fondation avec de précieux amis de l'Institut Occitanie Al Andalus, prendraient ainsi tout leur sens ?
Qui sait ?
19:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.12.2008
Des Aurovillages...
La contagion évolutive bat son plein.
La fabuleuse vision de Mère pour Auroville est en voie d'avènement.
De plus en plus, par son énergie et sa plasticité, la diversité de ses composantes, ses capacités d'imagination et d'évolution, et son chemin taillé dans l'incertitude à mains d'hommes et de femmes, Auroville va se frayer une place inédite et emblématique parmi les lieux d'utopie et de changement.
On ne peut que songer avec émotion à tous ceux et celles qui ont donné et donnent leur vie, leur sueur, leur foi à cette histoire.
On sait les incroyables difficultés par lesquelles est passée cette Aventure.
La voie étant ouverte, il est temps qu'apparaissent les Aurovillages.
Dans le sillage de la galaxie centrale d'Auroville, ils ont vocation d'essaimer sur la terre d'autres lieux épicentraux pour donner corps et sens à la transformation évolutive.
Des lieux plus modestes, mais pas moins importants, des lieux périphériques activateurs de leur propre centralité culturelle et géographique, des lieux consacrés à la Nouvelle Possibilité partout où celle-ci devient possible !
Des Aurovillages en Afrique, dans les Andes, dans les périphéries des mégapoles, au coeur des cités, pour tisser la toile vivante de la transformation !
C'est bientôt sur www.aurovillage.org
18:04 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.12.2008
Où nous mènes-tu Projet Savitri ?
De retour d'Afrique, de ce coin du Burkina Faso, qui prend au fur et à mesure une autre tournure que celle que nous laissait présumer le développement pour ainsi dire "normal" des choses.
Le Centre écologique du Village St Jean, que nous avons investi quelques jours, pour en quelque sorte mieux imprégner les lieux, semble habité de son propre projet ! Le cercle de la fraternité qui entoure de son galbe le beau karité central nous a ému. Son anneau magnétique s'est chargé, et nos mantras ont été comme emporté dans cet étrange accélérateur de particules.
Pourquoi cette impression aurovillienne ? Pourquoi cette impression de pionniers de la Nouvelle Conscience ? Pourquoi là, en Afrique ? Pourquoi cette idée-force d'Aurovillage est-elle née un beau matin au Burkina ? Et pourquoi ces rêves qui poussent de leurs souffles subtils les voiles de notre histoire ? Jayanti rêvait encore hier de Mère et Sri Aurobindo nous offrant une vaste terre à ensemencer, qu'est-ce à dire ?
Si ce n'était que cela ! Mais non seulement les capacités opérationnelles se mettent en place, non seulement les obstacles s'érigent comme des montagnes infranchissables, mais encore des dragons colériques se lèvent dont nous n'avions pas idée, et des dispositions nouvelles nous adviennent auxquelles nous n'osions que rêver ! Bref autant de points de validation qui estampillent nos aspirations don quichottesque du sceau de la sainte folie.
Serions-nous tombé dans la fameuse Fabrique du Sens ? Cette étrange chocolaterie évolutive ?
Il se pourrait bien. Car voilà qu'à mesure que se tricote en nous cette histoire, elle trouve des alliés, des alliances, des amis, des soutiens.
Elle se taille même une vision aurobindonienne qui pose les modes opératoires et appliqués du développement Intégral. Qui donnerait lieu à un Institut pour un Développement Intégral, en France et à Ouagadougou, puis dans toute l'Afrique de l'ouest.
Ah ! Où nous mènes-tu, projet Savitri ?
Ah nous voulons tant, avec force ardeur, que toutes ces pensées-forces ne restent pas dans les livres, mais qu'elles ruent dans le réel !
Que la bombe a fragmentation de la volonté si puissante de Mère fasse sortir notre bigorneau peureux de sa coquille !
Qu'elle nous donne envie de nous vêtir du soleil de cette liberté sans peur pour construire de nouvelles alliances !
En Afrique ou ailleurs.
La puissance créatrice est un geyser si puissant
qu'elle produit sans discontinuité l'illusion du présent.
Et pourtant, tandis que les jours s'emboitent aux nuits
dans le corps à corps de la roue universelle,
les attracteurs du futur, dans des silences de neige et d'aurore
commencent à percer la cloison de la conscience-monde.
23:35 Publié dans Les pratiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.12.2008
Une surprise
Depuis maintenant plusieurs décennies je travaille en Afrique, en région subsaharienne, sur des questions de développement.
Je me suis toujours posé la question de cette orientation africaine.
Pourquoi étais-je en Afrique alors que ma visée intérieure était Auroville et l'ashram de Sri Aurobindo ?
J'étais pourtant au départ bien orienté vers Auroville et l'nde, puisque j'y avais effectué un séjour passionnant en 1982.
J'avais pris la décision de retourner y vivre après une formation en pépinière et horticulture que j'avais l'opportunité de faire en France, et que je faisais en vue justement de mes futurs engagements aurovilliens. J'avais décidé de retourner y vivre pour consacrer ma vie à l'évolution supramentale.
Mais voilà, la rencontre de Pierre Rabhi m'a orienté vers l'Afrique de l'Ouest. Pendant des années je me suis demandé quel pouvait être le sens de cette bifurcation. D'autant que même en travaillant avec Pierre, dont je partageais certaines convictions agro-écologiques et humanistes, je gardais l'idée de retourner ultérieurement en Inde.
Mais alors que Pierre Rabhi et ses équipes se rapatriaient en France suite au coup d'état de Blaise Compaoré, je suis resté sur place et mon expérience s'est "africanisée". Je me suis retrouvé emporté dans un cycle d'aventures assez rocambolesques de situations inédites : découverte du monde vaudou togolais, vie aventureuse avec les touaregs, vie en forêt au Ghana, vie auprès de marabouts et de mystiques soufis au Sénégal et en Mauritanie, vie dans les bidonvilles d'Abidjan. Je dis bien "vie" car ce sont des années de vie et non des semaines et des mois, puisque l'ensemble a totalisé presque 10 années pleines.
Cette décennie d'histoires africaines, doublée d'études ultérieures en sociologie et anthropologie, m'ont profondément changé. Ces dernières années m'ont permis d'approfondir les questions du développement, du changement social, des liens avec le changement personnel. De travailler sur les dynamiques en grappes dont parle Emmanuel Ndione, mais aussi de comprendre les bouleversantes révolutions sociales, culturelles, ontologiques qui secouent les mondes africains. Je cumule à présent près de 25 ans d'expériences africaines.
Je garde un intérêt intact pour ces mondes frères. Frères car mes propres origines dans le souss marocain fondent cette africanité qui bat le tamtam dans mes cellules. Je l'éprouve comme une richesse complémentaire à mes appartenances méditerranéennes.
Mais tout cette évocation se rapporte à mon questionnement de départ : pourquoi l'Afrique ?
J'ai parfois l'idée que certaines questions ne trouvent leurs réponses qu'après de longues danses ellipsoïdales qui nous imposent un ballet parfois incongru d'autres questions/réponses. Avant d'aboutir, alors qu'on ne s'y attend plus, à la réponse de la question initiale.
Celle-ci est-elle en train d'advenir ?
Car tout au long de ces années je n'ai jamais perdu le fil de ce qui m'avait porté vers Auroville, et auprès du Samadhi de Sri Aurobindo. Toutes ces années j'ai senti une intensité grandir.
Il semble aujourd'hui que je comprends ce que je suis venu faire en Afrique.
Et nous allons commencer, avec tous les amis d'une étonnante reliance, le vrai Travail.
La création d'un Aurovillage en Afrique !
19:49 Publié dans Les inauguraux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.11.2008
Nouveaux développements en Afrique
Ces dernières semaines une accélération extraordinaire s'est produite sur nos activités africaines.
On peut le voir sur le site www.lorangebleue.org et le blog http://lorangebleueafrique.blogspirit.com.
Une accélération qui nous fait penser à une future petite communauté aurovillienne, ou à Sekem, cette extraordinaire initiative qui s'est épanouie en Egypte autour de l'agriculture biodynamique, mais aussi de l"éducation, de la santé, de l'écologie appliquée...
De plus en plus nous inscrivons l'Orange Bleue Afrique dans une dynamique de changement "intégral" : personnel, organisationnel, social et culturel. Nous allons petit à petit nous développer "en mouvement".
Qu'est ce qui nous pousse ainsi ? Une facilité déconcertante dans les capacités de réalisation nous laisse pantois, mais souriants. Nous avons offerts nos vie, nos respirations, nos énergies, nos dispositions créatrices à la grande Shakti évolutive... Alors il n'est pas étonnant finalement que les choses aillent si vite !
Si les choses vont si vite en Afrique, qu'en sera-t-il lorsque nous nous intensifierons notre activité en France ?
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26.10.2008
Quand la maladie s'invite...
Un jour une des cordes majeures de la santé casse de manière inattendue.
On reste frappé de stupeur.
On entre alors dans le club de ceux qui se vivent en sursis, en prise directe avec une autre sensation et une autre chronologie.
Qui vivent avec le corps chevillé à l'esprit.
Avec le pouls qui bat dans la tête.
Il faut le reconnaître: avant "l'évènement" on vivait dans une relative inconscience du corps.
Du moins celui-ci ne se manifestait que par des sensations et symptômes de co-présence positive, ces sensations journalières et familières qui sont celles d'une mécanique bien huilée. Avec ponctuellement quelques grincements qui nous rappellent à notre précarité. Puis les petits bobos passent, et la vie reprend.
Mais arrive un jour le système se grippe... définitivement. Rien n'est plus comme avant.
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Lorsqu'on travaille sur la question du supramental et de la transformation on sait que le corps est de la partie. On sait que la quête ne part pas en flèche vers les hauteurs spirituelles. Pour s'envaser dans les contrées sans fin de la félicité.
J'ai toujours trouvé incomplète cette approche. J'ai rencontré de nombreux pratiquants de cette orientation : bouddhistes, soufis, pratiquants de nombreuses écoles de méditation. Ils manquent du souffle teillardien de la divinisation de la matière.
On trouve cette dimension plénière de la transformation chez certains chrétiens orthodoxes, mais enfermée dans un sourcilleux corpus doctrinaire.
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On ne cherche pas l'extase, ni le bien-être. Mais on se donne au service de la Shakti créatrice. Et c'est dans ce service que jubile en nous une extase participative d'action et de transformation.
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La maladie nous met en prise directe avec le corps. Le sang et ses composants, la température et ses aléas, les rythmes cardiaques, les mouvements, les articulations, la digestion...Il s'agit à présent de sensations au quotidien. Auparavant on pouvait bien associer le corps.
On le sentait impliqué. On l'associait par des exercices, par des pratiques diverses. Mais on était pas dedans.
Car il manquait l'urgence qui attise, et la conscience permanente associée à ses mouvements, à ses faiblesses et à ses rythmes précaires.
Le fait de ce retrouver en situation permanente de co-présence/dépendance est une mine extraordinaire d'enseignement.
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Depuis quelques temps le pouls pulse dans ma tête. J'entends son ressac comme si mes oreilles étaient collées à des coquillages. Son rythme rapide et irrégulier bat un étrange rappel. Surgissent de mon passé des souvenirs mêlés, des sentiment de reconnaissance, le sourire de Mère. Mon regard se transforme. Quelquefois il me semble prendre un recul soudain pour tout ce qui m'entoure et le monde s'éloigne comme derrière un voile. Les personnes me deviennent chères et émouvantes. Je sens alors cette fraternité d'âme qui nous relie tous. Je marche plus lentement, je pense plus tranquillement. Je vis dans l'univers et travaille à "enspiraler" le mantra de la transformation à ce pouls, et à ce ressenti corporel généralisé. Généralisé en soi, mais généralisé dans le monde car nous faisons corps avec lui. Energétiquement, corpusculairement nous sommes ses embouchures conscientes.
La dernière ligne du dernier poème des contemplations de Victor Hugo se termine je crois par "commençons !".
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15:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.10.2008
En ligne
Depuis quelques mois on trouve presque la totalité des oeuvres de Sri Aurobindo et de Mère en ligne, et même en français !
- Le site de l'Ashram met en ligne presque la totalité des oeuvres... Avec de nombreux éléments en plus : oeuvres de disciples, musique, lecture... http://sriaurobindoashram.info
On trouve ce site avec l'agenda de Mère intégral en français et en anglais : http://mother-agenda.narod.ru/
20:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.10.2008
Sri Aurobindo
Je crois que nous devons tous avoir dans nos différentes histoires quelques compagnons de route spirituels importants.
Parmi ces compagnons divers, dont les présences s'étoilent comme des boddhisatvas sur la thanka tibétaine de notre coeur, il y parfois, au centre, celui dont on dit en Inde qu'il est notre "Ishta Guru", le maître d'élection qui nous guide sur la voie.
Depuis quelques temps je prends la mesure de ce que Sri Aurobindo représente pour moi. J'ai lu quelque part, dans l'Agenda de Mère je crois, que la lecture de Sri Aurobindo pouvait petit à petit changer la façon de penser habituelle de notre cerveau. J'en ai vécu l'expérience effective.
J'ai eu le bonheur de le découvrir très jeune. Et de le lire inlassablement pendant des années, notamment le Vie Divine, la synthèse des Yoga, les différents volumes de compilations sur le yoga chez Albin Michel... Certes je lisais dans le même temps tout ce qui pouvait se lire concernant les questions spirituelles : de Ramakrishna, Vivekananda, Sivananda, Ramdas, Krishnamurti, Rajneesh/Osho, Arnaud Desjardin...pour ce qui est de l'Inde, mais aussi Clément, Evdokimov, Teilhard... les différents courants ésotériques d'Occident, le soufisme, la littérature et la philo...
Mais Sri Aurobindo, c'était autre chose. La lecture difficile de la Vie Divine qui m'a imposé, à 16 ans, un considérable effort d'assimilation et de vocabulaire m'a littéralement transporté. Je me plongeais toujours avec bonheur dans ce fleuve de connaissance transcendantale. J'aimais le rythme et l'ampleur du style, et ces longues vagues elliptiques naturellement intégratives qui abordent les différents points de vue pour les réconcilier dans l'épicentre d'une vision encore plus vaste. J'éprouvais un "Rasa" de bonheur et de félicité à cette lecture. Pas tant pour le contenu argumenté, mais parce que j'entrais en résonance profonde et dans une sorte d'intelligibilité extraordinaire avec le monde à travers les mots et l'amplitude de la vision de Sri Aurobindo.
J'ai peu trouvé d'équivalence chez des centaines d'autres auteurs et spirituels. Certes j'ai trouvé des ouvertures spirituelles, des intuitions, des émotions dévotionnelles, des états méditatifs, des intelligences spirituelles illuminées dans le vrai sens du terme chez nombre d'entre eux. Et puis je ne me suis pas contenté de lire : j'ai voyagé dans de nombreux pays, séjourné dans des ashrams traditionnels, dans des zaouias, j'ai vécu auprès de saints...
Certains m'ont expliqué qu'il fallait développer la dévotion du coeur et surtout me méfier du mental, d'autres m'ont fait comprendre que les émotions dévotionnelles pouvaient être un piège et altérer le discernement...
D'autres ont essayés de mon convaincre que mon ressenti du corps-énergie devait se développer, que mes émotions devaient être vécues totalement pour éprouver l'Etre !
D'autres encore m'ont convaincu que je ne devais plus penser mais jouir de l'instant présent, ici et maintenant ; d'autres que des dizaines d'années de méditation me permettraient d'aller au-delà du monde conditionné après avoir dompté mon ego et épuisé mes samskaras ; d'autres encore que je n'avais qu'à retrouver le chemin coranique de la droiture et suivre le chemin mystique de tel Cheikh sénégalais (Cheikh Ibrahima Niass), grand pôle spirituel du monde. D'autres m'ont expliqué qu'il suffisait de vivre de mes mains pour être en cohérence avec la nature et moi-même.
Certains m'ont dévoilé des connaissances initiatiques, en me proposant d'avancer ensemble sur la voie périlleuse de la domination et des pouvoirs.
D'autres m’expliquaient qu'il suffisait de se donner à Dieu, de prendre un chapelet et d'aller par le monde en chantant son nom ; d'autres que je devais pratiquer la voie sans voie de la non-dualité en laquelle toutes les contradictions s'abolissent...
Mais je ne cherchais pas la sérénité, ni le bonheur, ni la lutte contre le stress. Je ne voulais pas me mordre l'oreille en essayant vainement de tordre le cou à mon ego. Ni chercher son aiguille dans le foin de mon existence avec la lampe de poche de ma culpabilité. Je ne voulais pas non plus aller au paradis par peur des enfers. Ni quitter le dualité du monde pour trouver un bien-être détaché. Ni suivre la voie droite qui nous fait devenir raide de certitude et de rigidité. Je ne cherchais pas un refuge, une sécurité, un apaisement.
Je cherchais l'amande d'or de la connaissance qui connait, qui aime, qui peut, qui agit . En embrassant le monde de tout mon coeur, avec ses douleurs, ses abysses, ses inquiétudes vrillées dans sa substance et sa chair. Pour les éprouver et les transformer de toutes mes forces.
J'avais croisé Sri Aurobindo et cette vision si vaste des mondes et des univers, et m'y retrouvais naturellement.
Jusqu'à présent sa vision transformative et intégrale m'habite au plus profond.
Et cette cohérence fractale qui se déploie comme si l'univers lui-même formulait son intelligibilité fait partie de ma nature.
Et enfin ce projet transformation de l'univers au coeur duquel l'être humain se trouve, et qui se développe en lui et par lui est devenu mien.
Au-delà de la non dualité, Sri Aurobindo nous transporte dans une dimension de l'agir divin. Et là, l'oeuvre ne se fait plus dans la méditation ou dans la contemplation vers le haut/intérieur mais dans l'action de transformation simultanée de soi et du monde, dans la forge de la conscience et du quotidien.
Une transformation qui va consciemment jusqu’aux sources corpusculaires de la matières pour y faire reflamber l’Esprit.
20:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.10.2008
La crise
J'ai quelques amis qui risquent d'être déçus. Tandis que certains retenaient leur souffle en priant pour leur assurance-vie et leur portefeuille d'actions, certaines de mes connaissances attendaient, de ce crash enfin advenu, un effet domino généralisé et l'effondrement de tout le système-monde. Et se préparaient à entasser des réserves, à vivre en autonomie en semi-montagne... Les uns ne seront pas satisfaits car le monde ne s'écroulera pas, les autres parce que ce dernier est devenu plus insécure et incertain que jamais. Car si les compagnies elle-mêmes risquent la faillite d'un jour à l'autre, alors plus aucune assurance ne peux plus assurer de rien...
Le plus étonnant pour tous réside dans le constat suivant : s'il tremble sur ses bases, s'il tangue, s'il semble parfois au bord du naufrage, le système-monde se redresse et reprend la mer ! Inexpliquablement l'immense navire chaotique tient le choc, mieux il résiste, et continue de foncer proue en avant vers son aventureuse destination.
Pollué, miné par les bombes à retardement des centrales nucléaires, soumis aux indécisions et aux irresponsabilités du commandement et de son équipage, déstabilisé par des dizaines de mutineries armées internes, craquant de tous les cotés, le vaisseau Terre, admirable, continue à produire des fleurs et à étoiler la nuit stellaire des milliards d'ampoules électriques qui scintillent aimablement. Aucun moteur interne ne semble expliquer son mouvement irrésistible. Il semble comme tiré en avant par quelque invisible attracteur...
La Crise manifestée par les évènement récents n'est en rien nouvelle et s'inscrit dans une progressive adaptation structurelle au monde à venir. Laquelle remet en cause, feuillet par feuillet toutes les dimensions du devenir individuel et collectif.
L'unification des systèmes monétaires imposée par leur fragilité, leur volatilité et leur déterritorialisation, induira nécessairement des systèmes de régulation et de contrôles renforcés au niveau sous-régional et international. Parallèlement nous assisterons à l'avènement de multiples monnaies locales de services qui permettront de consolider les niveaux complexes de l'économie locale, notamment, mais pas seulement, les services d'utilité sociale qui échappent à la rentabilité économique. D'autres circuits de proximité trouveront là un dynamisme et une liberté d'initiative qui s'imputeront notablement et positivement sur l'économie générale.
Des éléments fondateurs comme la parenté et la filiation, mais également la question du genre et des sexes sont aussi au coeur d'une crise anthropologique sans précédent. Pas seulement en Occident, mais par ricochet dans toutes les sociétés et les cultures. Elle fait moins de bruit que l'effondrement du système bancaire, mais son impact est beaucoup plus profond, et ses effets humains et sociaux parfois terribles...Puisqu'elle induit automatiquement une crise copernicienne des religions !
Ces dernières, frappées de plein fouet par le relativisme culturel généralisé, la sécularisation du droit humain, la légitimation et la "naturalisation" amorale des moeurs et des plaisirs, la mondialisation des offres de croyances, ces religions donc, sont irrémédiablement ébranlées. La "starification" du pape, ou celle du Dalaï-lama ne sont que d'illusoires paravents qui cachent mal ce naufrage : les religions sont tombées de leur piédestal et ne sont plus les régulateurs fondamentaux des sociétés.
Les individus, qui ne trouvent plus les cadres communautaires et sociaux traditionnels ( le travail, le quartier, le syndicat, la paroisse....) pour raccrocher leur besoin de sens et de reconnaissance, ni les religions traditionnelles qui se délitent dans l'environnement local, sont renvoyés à la construction individuelle de sens, au bricolage identitaire, à la précarité de leur statut et de leur identité... Cette étrange anomie et perte de sens dégénère en échecs divers et en pathologies, mais renvoie de plus en plus les individus consommateurs vers un plus grand désir d'assomption personnelle, de subjectivité ouverte et communicative, d'empathie et de reconnaissance universaliste...
L'explosion phénoménale des sociétés traditionnelles dans les pays du Sud et le broyage des cohésions et des solidarité dans les chaudrons urbains, l'individualisation et la libéralisation des moeurs des nouvelles générations, leurs quêtes de repères et d'identité nous réservent quelques tsunamis sociaux. Mais comme partout le chemin de l'individuation vers la personnalisation et la subjectivité universalisante fait son chemin, épaulée par des nouvelles croyances, des sectes, ou des courants religieux réformés...
Cette évolution vers la personnalisation et la subjectivité universaliste est l'ennemi principal des intégristes de tous bords. Mais la bombe à fragmentation de son avènement est en marche, affectant les hommes et les femmes de tous les coins du monde, même les plus reculés. Elle n'est plus retenue par aucune digue géographique ou matérielle, militaire ou politique. Elle est dans l'air que tout le monde respire.
La relation au corps est en train d'être physiquement et subjectivement bouleversée. Greffes et prothèses nous préparent des corps hybrides... des technologie régénératives en cours d'étude banaliseront la vie en co-présence simultanée, fait unique dans l'histoire, de quatre à cinq génération en bonne santé... L'avènement proche qui verra la conjonction du virtuel et du biologique changera l'ontologie même du corps. Les sceptiques n'ont qu'à prêter l'oreille aux témoignages de certains handicapés ou transexuels.
La "déspatialisation" et la déterritorialisation, s'il elles restent encore anodines, vont creuser également un étrange gruyère psychologique dans notre conscience-monde, non seulement par les biais des mondes et des services virtuels de nouvelles générations, mais par les possibilités de détemporisation (sensation du temps ralentie, suspendue, ou accélérée artificiellement), ou de transtemporalité ( certains partageront leur vie dans plusieurs temporalités. On pressent cette orientation dans le succès des jeux de rôles, qui s'enrichiront bientôt des connectivités virtuelles qui leur permettront de faire advenir des mondes communautaires avec leur propre temporalité et...leur légitimité !).
Tous ces éléments ne sont que des pistes intuitives, mais de jour en jour elles se précisent. Nous assistons, les yeux ouverts à une mutation intégrale du monde. Une mutation biologique, cellulaire, corpusculaire, sensorielle, ontologique, anthropologique, politique.... Jamais, dans autant de domaines et sur une telle échelle cela ne s'est encore produit. Jamais autant de "doigté" transcendantal et autant de miséricorde n'ont semblé si présents dans ce monde bouleversé.
Donnons-nous les moyens d'y participer !
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